Cette fois on a opté pour un ferry lent, avec la possibilité d’accéder aux ponts, et de respirer un peu l’air marin. Après quelques arrêts sur des îles encore plus paumées que Sifnos, Milos et
Sikinos, nous voici enfin en train d’approcher la fameuse île de Santorin, Santorini island en anglais. Comme je l’écrivais dans l’article précédent, Santorin est un
« must-do » de la Méditerranée. La différence avec ses collègues des Cyclades ? Santorin est une île volcanique, d’où des couleurs et des paysages radicalement différents de ce qu’on peut trouver sur les autres îles, celles avec un
nom qui se termine en « os ». L’île est en fait une caldeira, c'est-à-dire qu’elle constitue la couronne d’un volcan, d’où sa forme circulaire, et son relief : des falaises
abruptes au centre, entre 60 et 120m de haut, et une pente douce de l’autre côté. Au milieu, deux îlots sortis de l’eau récemment, issus des plus récentes éruptions de la bête. A peu près la même
taille que Sifnos. Voilà pour le décore « géographique ». A l’approche de l’île en bateau, on remarque instantanément ces tâches blanches au dessus des falaise, il ne s’agit pas de
neiges éternelles mais bel et bien de maisons blanches, constituant les principaux villages de l’île. Tout à fait typique, et quelque peu surréaliste : de haut en bas ça donne la mer, les
falaises ocres, rouges, marron, violettes,.. etc, les maisons blanches, et le ciel. Pas mal impressionnant.
L’arrivée des ferrys se fait au port d’Athinios, situé à l’intérieur du cercle, et au pied d’une immense falaise. Circulez il n’y a strictement rien à voir sauf la route digne
d’un grand col des Alpes pour atteindre le sommet de la falaise et le réseau routier principal de l’île. Même remarque qu’à Sifnos, on est les premiers touristes ici aussi, mais par contre on est
loin d’être seuls cette fois. Notre premier réflexe à notre arrivée est de louer un scooter, encore une fois le meilleur moyen de se déplacer sur l’île à moindres frais. Et encore une fois
(qu’est ce qu’on est prévisibles !) on décide d’escalader le Profitis Ilias local c'est-à-dire le monastère situé au sommet de l’île. On part de Périssa, petite station balnéaire situé sur le côté
« plat », où déroule une longue plage de sable noir, quelque chose comme 8km de long. On grimpe jusqu’à notre première étape, les ruines de l’ancienne Théra.
Pas de bol, c’était férié et impossible de visiter quoi que ce soit. On continue donc jusqu’au monastère, où la vue embrasse toute la caldeira, magnifique. On passe la soirée à
découvrir la capitale, Fira (parfois orthographiée Thira ou Théra), située sur la crête de la caldeira, avec une superbe vue sur la mer et les deux îlots volcaniques. Le
centre-ville est très typique également avec des petites ruelles blanches, et malheureusement aussi très très touristique, on y trouve presque plus de bijouteries que sur la place Vendôme à
Paris.
Le lendemain le temps est un peu couvert, chose inhabituelle ici, on décide donc de s’instruire un peu en visitant le musée préhistorique, qui présente le résultat des fouilles du site archéologique d’Akrotiri, situé au sud-ouest de l’île. Alors, petite histoire avant de vous endormir : Dans les années 1960, un archéologue grec du nom de Marinatos, plein de pif, décide de fouiller Santorin avec une petite idée derrière la tête. Il enclenche direct sur le site d’Akrotiri, port idéal pour les marins d’autrefois. Marinatos fait tout de suite des découvertes incroyables : une véritable ville est ensevelie sous 40-50m de cendres volcaniques, datant de.. l’âge du Bronze (-3000). Truc de malade mental. Cette ville, cette civilisation même, l’ancienne Akrotiri (on ne connaît toujours pas son vrai nom) a été anéantie par une éruption volcanique en -1650, un peu comme Pompéi et l’éruption du Vésuve. Les ruines se sont excellemment bien conservées sous les cendres, on a donc retrouvé des maisons à plusieurs étages et des pièces en très bon état, entre autres des fresques (en couleur !), des meubles, des poteries, des gamelles de bronze,..etc. Passionnant de comprendre comment vivait les gens à cette époque, de réaliser combien ils étaient déjà avancés, et de compatir à leur destin tragique. L’éruption a quand même envoyé des cendres jusqu’à 7km de haut dans l’atmosphère (exactement comme le volcan islandais ces derniers jours), et a provoqué un raz de marée qui a détruit la flotte crétoise située non loin de Santorin (civilisation minoenne). Les chercheurs se battent aujourd’hui à propos de l’estimation de la hauteur de la vague, certains arguent pour 50m de haut, d’autres vont jusqu’à 250m, une sacrée vague. On ne sait pas exactement si les gens ont été pris par surprise par l’éruption, ou si ils ont eu le temps de fuir, et se sont fait rattrapé par la vague géante une fois sur l’eau. Dans tous les cas de figure, cette histoire peut vous sembler familière, car elle répond en de nombreux points au mythe de l’Atlantide, mentionné pour la première fois par Platon pendant l’Antiquité et concernant une cité à son apogée se faisant ravagée par les flots. Renseignements pris, aucun consensus n’existe encore aujourd’hui sur la localisation de l’Atlantide. Pour l’anecdote, l’île est restée déserte pendant plusieurs siècles avant que des hommes ne reviennent y habiter (les égyptiens, les grecs, puis les romains) vers -900, sans aucune idée de la brillante civilisation qui venait d’y être balayé 700 ans plus tôt. Fascinant !
Après avoir fait fonctionner le cerveau, on est allé à Akrotiri même, où il est malheureusement impossible de visiter le champ de fouilles à cause d’un accident mortel qui a eu lieu l’été dernier. Néanmoins, pour vous donner une idée, les successeurs de Marinatos pensent qu’il faudra plus de cent ans de fouille pour tout exhumer. Juste à côté du site se trouve une plage un peu particulière, située au pied de falaises rouges, elle est baptisée Red Beach. Petite baignade pour la forme et coucher de soleil.
Après s’être baladé dans les villages du centre de l’île, entre autres à Mégalochori, beaucoup plus calmes que Fira, on a eu le bonheur de rencontrer ce couple de touriste, dont la fille est venue nous poser la mythique question suivante en anglais dans le texte: «Euh.. excuse-me, can you show me a beautiful place here in Santorini ? » Regards interloqués d’Erika et moi-même ne comprenant pas trop la question. Cette île est un des plus beaux endroits que j’ai jamais vu de ma vie.. Réponse : « ben.. ouvre les yeux , open your eyes !! » hahaha. La fille se plaignait que c’était pas exactement comme sur les photos du catalogue de son agence de voyages. Merde alors, faut pas déconner. Du coup petite vanne à chaque fois qu’on voyait un paysage, ou un endroit magnifique : « euh excuse me, can you.. ».
On a eu la chance d’apprendre que tous les ans à Pâques, les habitants de Pyrgos, le plus haut village de l’île, plaçaient de nombreuses torches enflammées sur les maisons et églises du village, pour commémorer la mort de Jésus. Beaucoup de locaux et peu de touristes, surtout des touristes habillés en rouge bien pétant comme moi, j’étais tout seul ça c’est sûr..
On a gardé le meilleur pour la fin de notre séjour, se
réservant la visite d’Oia, à prononcer « Ia », la petite perle de Santorin, pour les derniers jours. Les images cartes postales de ses dômes bleus surplombant la mer
Egée font maintenant partie de la culture universelle. On a visité le village de Firostéfani en cours de route, puis prit la dangereuse route des crêtes pour atteindre la pointe
nord de l’île, où se loge le petit village
d’Oia, au bord
d’une falaise à peine moins haute qu’à Fira. Et effectivement les vues sont imprenables. « Euh, excuse me,.. ». Cherchant à éviter les sorties trop touristiques, on dégote un bateau
pour se rendre sur un bout de l’île de Santorin qui a été arraché pendant la fameuse éruption volcanique. Cette île s’appelle maintenant Thirassia. Départ du
bateau depuis le port d’Amoudi, presque pas mentionné dans le guide, mais un des meilleurs spots de l’île, c’est tout simplement incroyable. Les couleurs, la mer, les maisons
blanches, le port, les bateaux, le soleil,.. c’est superbe. Superbe. Après les 5 minutes nécessaires à la traversée, on atterrit dans un endroit désert, quasiment personne ne vivant à Thirassia
pendant cette partie de l’année. Pour les baroudeurs donc ! On marche jusqu’au Profitis Ilias local (et de trois !), pour la plus belle vue de voyage, sur les falaises
de Thirassia d’abord, puis dur toute la caldeira et les deux îlots. Trop beau. Et typique : Manolas, le petit village est comme Fira il y a 50 ans, on dirait que le temps
s’est arrêté. On pêche, on cueille, on plante, la vie simple quoi.
Le soir couché de soleil à Oia, avec une autre ambiance, il faut réserver sa place pour pouvoir assister au spectacle. Il parait qu’en été ce n’est même pas la peine d’y penser tellement il y a du monde. Pas trop mon truc.
Dernière sortie avant de rapatrier, la visite des deux îlots volcaniques, Néa Kaméni et Paléa Kaméni. Intéressant de constater les conséquences des éruptions successives qui ont eu lieu, chacune d’elle contribuant à modifier la carte des deux îlots, pour constituer aujourd’hui les terres les plus récentes d’Europe grâce à l’éruption de 1956. Petit détour par les hot springs, situés sur le bord de la plus petite des îles, pas facile d’accès : il faut commencer par plonger du bateau, dans une eau pas super chaude, puis nager quelques centaines de mètres pour rejoindre une crique où l’eau y est d’une couleur douteuse, pour réaliser que les hot springs, ne sont finalement pas si hot que ça !
Expérience culinaire grecque pour notre dernier soir sur l’île au restaurant local de notre village (on logeait à Kartérados, au centre de l’île) tenu par des pêcheurs et vivement recommandé par notre hôte. On commande donc un plat de poissons grillés pour deux, on a même pu voir les poissons qu’on allait manger, et pêchés le matin même. On a pas été déçu, on a eu un énorme plat de poissons grillés, et.. c’est tout ! Pas de sauce, ni de riz, rien, à la grecque. Une expérience je vous dis.
On quitta la Grèce le lendemain direction la Suisse, avec des images plein la tête, et le sentiment de la mission accomplie. Le vol fût particulièrement apprécié, avec la vue sur les Alpes.
A bientôt pour une prochaine mission !
PS: les meilleures photos du trip sont juste à gauche.
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Le Bonhomme, l'"Effigie" du Carnaval. On l'a vu défilé lors de
la parade samedi soir. Bonhooooooommmmeeee!!!!
QUEBEC LIBRE !!!!!



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