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L'objectif est de faire partager au plus grand nombre mes péripéties au gré de mes voyages. Cher visiteur, sois le bienvenu sur mon site. Bonne visite !
Des nouvelles du Canada "Enfin!" vous allez me dire et vous avez entièrement raison. Après une pause dans mes études canadiennes pour rentrer à la maison pendant les fêtes de Noël, me voici de
retour en terre ontarienne, chaud devant! L'hiver à Kingston a repris ses droits bringuebalant avec lui cahin-caha son lot de températures négatives (jusqu'à -34C!!!), de coucher de soleil à
16h, et de tournages en rond dans ma petite chambre jaune.. Enfin ce week-end fût l'occasion de m'aérer un peu les neurones grâce au fantastique cadeau de ma tendre moitié: un voyage aller-retour
vers le monde merveilleux du Carnal de Québec! Pour les perdus du GPS, Québec désigne non seulement le nom d'une province du Canada (et pas n'importe laquelle, La Belle Province!) mais aussi et
surtout une ville, la ville de Québec -ou Quebec City en anglais dans le texte.
Nous voilà donc rendus à la gare de Kingston en ce vendredi matin. Le train n'est pas un moyen de transport hyper développé ici, la gare comportant en tout et pour tout deux malheureuses voies,
une vers l'Est direction Montréal et une vers l'Ouest direction Toronto, comme ça au moins les choses sont claires. Direction l'Est donc, vous l'aurez compris, arrivée après 6h30 de train
Bombardier (le grand concurrent du franc-comtois Alstom) qui je dois l'avouer, bien que loti d'un espace plus restreint était tout à fait confortable. Après je n'ai pas enquêter plus que ça sur
les conditions de travail des cheminots locaux..
Grâce au réseau qu'Erika avait gardé datant de son expérience grenobloise, on a pu profiter pendant tout le week-end des festivités du Carnaval avec des québécois et québécoises, et ça, bien sûr,
lorsque vous voyagez cela n’a pas de prix.
Le temps est passé très vite entre soirées dans les « boîtes à chanson », les activités sur les plaines d’Abraham, ski joring (un skieur tiré par un cheval), sculptures de glace,
promenade en chien de traîneau, tyrolienne, etc.. j’en passe et des meilleurs.
Et comme « a picture is worth a thousand words » voici quelques photos, vous comprendrez mieux de quoi je parle :
Vue sur le fleuve Saint Laurent
Le chateau Frontenac, superbe.
Le folkore du Carnaval !
La vieille ville de Québec, magnifique, très européenne.
Le Bonhomme, l'"Effigie" du Carnaval. On l'a vu défilé lors de
la parade samedi soir. Bonhooooooommmmeeee!!!!
Hockey improvisé dans les rues de la vieille ville, pas de doute on est bien au Canada!!
Les malades mentaux du week-end: compétition de "course en canot" sur le Saint Laurent gelé, par une température que vous devinerez.. hivernale.. ils sont fous ces québécois !!
Qui dit températures négatives dit alcool pour se réchauffer (les russes n'ont rien inventé!), les québécois ne sont pas en reste: je vous présente le caribou, mélange de vin et de whysky, à vot'
santé Messieurs Dames!!
Le truc à côté est une canne, vous versez l'alcool dedans, et vous buvez, pas bête!!!!
QUEBEC LIBRE !!!!!
J'ai enfin retrouvé les raquettes originales que mes grand-parents ont ramené de leur voyage et ont commencé à utiliser dans le Haut-Doubs, les voilà!!!
Toute la "gang" du week-end: Claudine, Anaïs, Erika, Solène, Bertrand, Sarah, et Véro !!!
Québec ou une ville de fortification. Berceau de la civilisation francophone en Amérique de Nord, la ville a fêté ses 400 ans l'année dernière. Nouvelle-née comparée à ses collègues européennes
mais doyenne de l'Amérique!
Encore un truc d'alcoloo!!! Les verres en glace, idéaux pour le Caribou..
Piste de luge à l'ancienne, avec des luges à l'ancienne, la rigolade quoi!!!!
Le chateau de glace de Bonhomme, hé oui fait en glace!!! Comme quoi il n'y a pas que les verres, c'est tout un concept !!
Sculpture sur glace, parmi de nombreuses autres, très impressionant. Ah, le matériau neige, un univers passionant pour un ingénieur !!
La photo souvenir avec Bonhomme!!!
Un week-end francophone magique, et un grand MERCI à Claudine et Véronique pour leur gentillesse. Les Québecois(es) sont dans mon coeur !!
Quelques photos de notre journée en snowboard à « Blue Mountain », une station de ski située à 1h30 de voiture au Nord de Toronto. L’appeler « Blue Mountain » c’est un peu
exagéré. Quelques centaines de mètres de dénivelé, pas plus, mais qui suffisent pour être la fine fleur du ski ontarien. D’autant que la station se trouve juste à côté de Georgian Bay,
avec de splendides vues sur le lac. Une colline donc, où quelques télésièges Poma y ont trouvé refuge. 40 cm de neige, une journée en snowboard sympa, de quoi s’échauffer un peu avant de rentrer
à la maison.
On arrive !!
On y est !!
Une bonne vieille planche de loc' !!
C'est la classe !! 6 places débrayables quand même !!
Erika, qui a frôlé la paralysie après deux mauvaises chutes sur des conseils pertinents de.. moi ! Merci Mathieu!
" Tiens je ne sens plus mes doigts de pieds c'est bizarre "
Eh oui j'avais ma photo dans le journal canadien gratuit "Métro" le Jeudi 9 Octobre!! J'avais participé au Printemps dernier à une séance photo pour ETS, qui devait soit disant utilisé les clichés
uniquement pour leur site internet, je me suis bien fait avoir!!
PS: Merci à Thomas de l'avoir répéré bien que l'on ne se soit pas revu depuis 15 ans!!
Un petit articlounet juste pour vous montrer quelques photos d'une des perles du Canada, l'Archipel des Mille-îles. En la faisant courte (comme d'habitude), il sépare le Canada des Etats-Unis
(Etat de New-York) sur à peu près 80 kilomètres. Comme son nom ne l'indique pas, l'archipel contient en fait 1865 îles!!! Ca en fait tout de même! Sans compter les îles non-officielles, car comme
les candidates Miss France, n'est pas île qui veut, les critères sont très sélectifs: il faut absolument 2 arbres, sinon ça ne compte pas. Donc les bouts de rochers et compagnie, ça dégage. Faut
pas déconner quand même, ça serait du grand n'importe quoi sinon. Manquerait plus que le moindre bout de caillou qui dépasse puisse être comptabilisé.
Tout ça pour dire que l'endroit est très très très joli, que c'est un "must-do" si vous venez me rendre visite en Ontario, chose qui n'est encore pas arrivée, même mes propres parents ne sont pas
venus, crise financière oblige, il faut bien garder quelques euros pour faire le plein de l'AX, avis aux amateurs donc. Evidemment je ne les ai pas recompté (les îles) pour ceux qui se posaient
la question. Remarquez, 1865 îles selon la police et 28000 selon les syndicats, on connaît la chanson. C’est un excellent endroit spécialement si vous êtes deux (vous et quelqu’un d’autre par
définition), c’est très romantique à cette époque de l’année, les feuilles des arbres sont rouges, c’est magnifique. Le bourg le plus proche du côté canadien s’appelle Gananoque, nom d’origine
indienne à consonance très mélodieuse qui nous rappelle que ces îles étaient habitées avant que les Français (l’ami Jacques Cartier entre autres) ne débarquent dans le coin. Dans le même registre
vous avez la « Cataraqui River », ça roule bien en bouche « Cataraqui ».
On a donc passé un petit week-end en amoureux entre promenade en bateau, théatre local, et petite marche. Logé dans un « bed and breakfast » familial au petit déjeuner royal. Quelques
photos, car « a picture is worth a thousand words », très à propos pour les « thousand islands », petite blagounette, ne me remerciez pas c’est cadeau.
Voilà les photos :
Kingston, ma "home town".
Le Boldt Castle, un classique du coin, très classy.
L'autre côté du Chateau.
L'eau, qui faisait ben rêver, même si elle était à 8C..
C'est très très très beau.
L'automne au Canada!
Quelques îles, toutes homologuées celles-là!
Et les amoureux qui vont avec!
On a finalement trouver le moyen de passer un peu de temps au poste de frontière US après une petite erreur de trajectoire. 45 minutes aux douanes américaines, sans même vouloir rentrer aux US,
c'est quand même fort ça! Ah ils sont forts ces américains! En tout cas j'espère bien que les deux grands portraits de George W. Bush et Dick Cheney vont dégager pour laisser place à ceux de
Barack Obama et Joe Biden!
Cela fait quelques jours que ma sœur n’est pas très en forme. Elle se plaint de son oreille gauche qui lui fait mal, et elle est devenue un peu sourde. Deux jours que je lui dis que ce n’est
rien et que ça va passer, mais mes arguments ne tiennent plus debout avec les jours qui passent, il va falloir consulter.
Dominical est un repère de surfeurs, américains pour la plupart, qui ne se sentent pas trop dépayser en venant ici. La majorité des bars et des restos sont tenus par les Americanos,
n’essayez même pas de parler espagnol ils ne capteront pas. Par contre un bel accent américain vous facilite grandement la vie. Alors me voilà avec ma sœur à l’agonie sur les bras en train de
chercher un médecin. Après quelques essais infructueux on parvient finalement à dénicher un cabinet médical, on sonne, une charmante jeune Ticas nous ouvre la porte. Le cabinet est tout neuf, et
apparemment la demoiselle vient de finir ses études. Coup de bol elle parle un peu anglais, cela va faciliter les choses. Je lui explique, ma sœur et son oreille bouchée, ses maux de têtes, tout
le tralala. J’avais en secret un peu peur qu’elle ait attrapée une vieille maladie locale, il y en a tellement : les fièvres jaunes, et de toutes les autres couleurs, la malaria,.. Pas de
problèmes nous dit la jeune médecin, c’est une infection due à la baignade, sûrement que les eaux de Jaco n’étaient pas toujours très propres. Des antibiotiques, des gouttes, pas de baignade
pendant quelques jours et elle sera remise sur pieds. Je paie le médecin, ultra-cher au passage, un truc comme 70 euros les 5 minutes –avec 70 euros au Costa Rica vous achetez une île !-.
Question suivante : « où est la pharmacie, car on en a pas vu à Dominical ? _ La plus proche est à Uvita ! » Quoi ?? On en vient d’Uvita
justement !!
Alors nous voilà repartis dans l’autre sens, encore la galère avec les horaires de bus. Si dans la France du début du 20ieme siècle le maire, le curé et l’instituteur étaient les patrons du
village, alors au Costa Rica du 21ieme le chauffeur les remplace tous les trois ! Ce sont les chauffeurs de bus les patrons ici. Pratiquement tous les locaux comptent sur le bus local dans
leur vie quotidienne, alors vaut mieux être pote avec le chauffeur du bus, surtout qu’ici c’est lui qui décide des horaires. C’est un peu comme Chuck Norris pour ceux qui connaissent : le
chauffeur de bus n’a pas de montre, il décide de l’heure qu’il est.
Donc retour à la case départ, Uvita, pour acheter les médicaments, et re-retour à Dominical, tout ça en une journée, alors que les deux villages sont à.. 15 km l’un de l’autre..
En dépit des aventures médicales de Mathilde on n’a pas aimé Dominical plus que ça. Pas assez authentique je dirais, trop d’américains qui se croient chez eux, cela m’insupporte au plus haut
point. De plus, le spot de surf était insurfable pour cause de trop grosse houle, des rouleaux de 3m que personne n’avait envie de chatouiller. Au lieu de surfer on a décidé de continuer à
marcher, on est allé faire un tour au refuge Hacienda Baru, une réserve naturelle. Un mini Manuel Antonio en quelque sorte. Journée sympa, surtout qu’on était seuls cette fois dans la
jungle, où l’on a pu rencontrer encore de nombreux singes, et toutes sortes de mammifères bizarres dont j’ignore le nom, mais toujours pas de serpents, à mon plus grand désarroi. Je n’arrive pas
à croire que je vais bientôt quitter le Costa Rica sans en avoir vu un seul.
On décide d’écourter notre séjour à Dominical pour se rendre à Playa Matapalo, un petit village au bord de l’océan environ 15 km au Nord de Dominical. On espère que les vagues y seront un peu
plus clémentes et surtout qu’il y aura moins d’Americanos. Encore une fois, la croix et la bannière pour trouver un bus, qui nous dépose comme des « merdes » au bord de la
route, avec nos sacs et nos planches. On commence à marcher, direction la plage, en pleine cagna au milieu de l’après-midi, en espérant trouver une auberge pour ce soir, car depuis que Deri ne
voyage plus avec nous, nous ne prenons pas la peine de réserver. On galère, on transpire, le village est assez loin de la route, mais on finit par rencontrer un local, dont apparemment le job
consiste à couper des fruits pour les hôtels des alentours. Il a une grande machette dans la main, grand sourire. Il me demande s’il peut nous aider, je lui dit que oui, qu’on cherche un endroit
pour dormir. Je me demandais s’il n’allait pas juste me coller un coup de machette et partir avec ma sœur et notre argent. Mais non, il est très sympa : pas de problèmes il me répond, je
vais vous trouver ça. Alors me voilà parti avec mon pote Jose, lui la machette à la main, pour chercher un hôtel. Les trois premiers sont pleins, dont cet hôtel trois étoiles tenu par des
allemands. Jose a bien du mal à vendre ses noix de cocos à l’allemand, qui fini par lui lâcher par pitié quelques Colones, scène bien triste.
On finit enfin par trouver un hôtel, un peu trop la classe à mon gout mais on n’a pas le choix, et Jose négocie le prix pour nous, à ma grande surprise. La patronne Ticas n’a pas l’air très
contente de voir ce local défendre les touristes en négociant les prix pour eux. Je remercie Jose à mon tour par quelques dollars, on le reverra très bientôt.
La patronne, au passage ne rigole pas. Et elle n’a pas l’air d’être au courant qu’il y a un énorme panneau à l’entrée de sa propriété indiquant « we speak 4
languages », car quand je lui demande si elle parle anglais elle m’ouvre des yeux de merlan fris.
Matapalo est un village qui s’étire tout le long de la plage, Playa Matapalo vous aurez compris, une plage qui s’étend sur quelques kilomètres. Typiquement costaricaine, avec son sable noir, ses
palmiers, sa forêt tropicale, et ses vagues. L’endroit est très tranquille, la plage est magnifique. On prend vite notre petit rythme de vie, surf à marée haute, avec de très bonnes conditions
cette fois, et quasiment toujours seul à l’eau. Je n’avais jamais vraiment été à l’eau tout seul avant ici. Je ne parle même pas de la France où la densité de population dans l’eau rivalise avec
celle des quartiers de Tokyo. Il y a un coté très agréable puisque vous prenez toutes les vagues que vous voulez mais en même temps très angoissant. On ne peut pas se dire que le requin va
préférer attaquer la planche du voisin..
Le soir on mangeait toujours au même resto / bar, car Mathilde trouvait le serveur très mignon, on y mangeait bien pour pas cher. Les journées sont passées vite, et le temps de rentrer avec.
Dernier casados, dernières vagues, denier bus, derniers billets de Colones à dépenser, dernière Imperial, derniers mots en espagnol.
Retour à San Jose, et rebelote avec les taxis, bus, navettes, formalités douanières, avant d’atterrir à Toronto, et de réembarquer pour la France. Au passage, la compagnie américaine nous a
massacré nos planches en les transportant, malgré les 100 dollars qu’ils nous ont demandés pour les transporter. Pour 100 dollars moi je peux massacrer n’importe quelle planche de surf, facile.
Fin du trip, mon premier en Amérique centrale mais sûrement pas le dernier. Le Panama, El Salvador ou encore le Nicaragua sont apparemment aussi beaux que le Costa Rica et encore plus
authentiques, peut-être de futures destinations, qui sait.
Remerciements :
Ma sœur Mathilde bien sûr, mon compagnon de route, enfin de bus plutôt, pour ce voyage. Toujours de bonne humeur et toujours avec le sourire, deux choses qui font qu’on s’est bien marré pendant
ces deux semaines, même quand je l’emmenais dans des galères pas possibles. Genre « pourquoi faire cher quand on peut faire pas cher » est la galère typique. « Merci
Mathieeeeuuuuuu Merci Mathieeeeuuuuuuu!».
Christian et Deri, nos potes pendant les dix premiers jours. Merci pour tous ces moments passés à l’autre bout du monde.
Tous les costaricains et costaricaines que l’on a pu rencontrer pendant ce voyage, spécialement notre Daniel de l’auberge de Jaco. Votre pays est magnifique, continuez à le protéger.
Autant le dire tout de suite, Manuel Antonio est au Costa Rica ce que la Tour Eiffel est à Paris : un aimant à touristes, et pourtant incontournable. On m’avait décrit l’endroit comme
« le petit bijou de l’Amérique centrale », il faut avouer que l’on a pas été déçu. Le bus nous a déposé à Quepos, une petite bourgade sans grand charme à quelques kilomètres du parc
national. La route est sublime, très accidentée, les chauffeurs de taxi la parcourt pieds au plancher. La route épouse la côte et offre des vues imprenables sur le Pacifique. Ici encore le temps
presse, les terrains se vendent comme des petits pains, les hôtels de luxe veulent attirer le touriste avec la « vue sur l’Océan ».
Le village de Manuel Antonio lui-même ne survit que grâce à l’apport des touristes venant visiter le parc national. On a de la chance, nous sommes en ce moment en basse saison à cause de la
saison des pluies, donc les prix sont un peu plus bas, les hôtels un peu plus vides, à mon grand bonheur. Je n’ose même pas imaginer ce bout de paradis envahis par des milliers d'
Americanos qui pensent que les costaricains ne sont bons qu’à leur servir le petit déjeuner.
Bref, on s’installe à quatre dans une grande chambre pas chère, avec piscine qui donne sur la jungle. Une fois encore question faune et flore c’était du grand n’importe quoi : une biche
venait régulièrement prendre de nos nouvelles à côté de la piscine, tranquillou. Mais ma plus grande surprise se trouvait dans les arbres. Le guide indiquait que l’espèce des singe-écureuils
était en voie de disparition, qu’ils se faisaient de plus en plus rares dans la forêt. Et là , 5h50 de l’après-midi, l’heure du casados, on voit débouler une centaine de singes minuscules,
tout un troupeau, qui se baladaient de branches en branches, apparemment moins en voie de disparition que nous le pensions. On les voyait tous les soirs traverser la forêt à heure fixe. Certains
s’arrêtaient et donnaient naissance à se moment magique que tout le monde connaît quand on a en face de soi une espèce animale rare : qui observe qui ? Ces singes ont l’air tellement
malicieux que tout d’un coup les perspectives s’inversent, je me demande si finalement ce n’est pas eux qui viennent nous voir..
On est parti pour le parc national le lendemain, après avoir passé notre première journée dans les vagues. Des vagues plus appropriées pour la baignade, une eau plus claire, et surtout rien
dedans, pas de raies ! Du bonheur en barre pour Mathilde, qui redécouvre les joies du body-surf. L’entrée du parc est de 10 dollars, elle était de 6 encore l’année dernière. Une option avec
guide est proposée à l’entrée, on s’est dit qu’on se débrouillerait tout seul. Le premier sentier que l’on emprunte est très large, je suis très déçu, moi qui m’attendais à une marche commando au
milieu de la jungle et des serpents.
Des familles se balladent, il y a pas mal de monde, quelques français. Les guides s’arrêtent au bord du chemin pour faire admirer leur différentes trouvailles à leurs clients : « Oh un bébé
paresseux !! Regardez comme il est trop mignon !! En plus il descend à terre pour faire caca, vous avez beaucoup de chances car il ne le fait qu’une fois par semaine !! Oh regardez
le serpent à côté c’est un fer de lance, mortel. Faut que le bébé paresseux fasse gaffe sinon il va morfler !! » C’est comme ça tout le long, des conversations quelque peu surréalistes.
On accélère un peu pour distancer la foule. Les gens, quand je voyage, moins j’en voie mieux je me porte. Enfin quelques endroits tranquilles. J’avais écrit quelques lignes sur le koala en
rentrant d’Australie, hé bien je pourrais les reprendre à la lettre pour décrire le paresseux. Un paresseux, ça ne fout absolument rien de la journée. D’ailleurs son nom l’indique, alors comme ça
au moins on est prévenu. Il vit à deux à l’heure, savoure chaque branche sur laquelle il s’accroche, prends le temps de vivre pleinement chaque instant. Quel contraste par rapport à notre mode de
vie à nous. Certains dans la jungle se balladent télephone portable à l'oreille droite, ipod dans l'oreille gauche, tout en écrivant un texto et en balançant un énorme flash de l'appareil
photo numérique sur le paresseux "qui est trop haut dans les arbres".
Le sentier nous conduit à des plages reculées, la première est Playa Puerto Escondido. Je pense que Playa Puerto Escondido est assez proche de l’idée que je me fais du bout du monde. Ou de
Koh-Lanta, pour prendre une référence plus actuelle. La plage est vaste, dominée par la forêt tropicale majestueuse et impénétrable. Impossible d’avancer un mètre en dehors du sentier. La
chlorophylle a tout colonisé, chaque centimètre carré est propice à recueillir la lumière et l’eau pour y donner de la vie. Oui, l’impression dominante de cette forêt est qu’elle est vivante.
D’abord par ce qu’on voit, directement, mais aussi par ce que l’on entend, comme les cris des singes hurleurs par exemple, quelque chose que je n’oublierai pas, et par ce que l’on sent. Je
m’aventure un peu à l’écart. En me glissant sous quelques branches j’aperçois une famille de singes, qui m’observent, comme si ils m’attendaient. Ils me voient mais ne bronchent pas, continuent
leurs activités. Maman singe épluche les poux du petit, papa singe fait la sieste, avachi sur une branche. Comme quoi, tout se répète. Si les singes sont les tauliers de la forêt, alors les
iguanes sont les patrons de la plage. C’est leur territoire. Quand vous y entré ils vous le font sentir. Je n’ai jamais vu un iguane reculé, il faut dire que certains sont imposants, des vrais
dinosaures.
Le temps passe vite à Manuel Antonio, on termine l’après-midi par Playa Manuel Antonio. Playa Manuel Antonio est une plage.. parfaite. Une plage typiquement carte postale. Elle
est à peine cintrée, avec du sable blanc, ce qui est assez rare au Costa Rica car la plupart des plages ont du sable noir, les palmiers qui la bordent, la couleur de l’eau, turquoise, les petites
vagues qui viennent la lécher, les singes capucin-sapajou qui la gardent et la protège. Un décor de chasse au trésor encore une fois. Les riches viennent se baigner tous les jours ici, tandis que
les plus pauvres comme nous –et les costaricains- ne sont de passage que pour la journée et se baignent sur la plage d’Espadilla de l’autre coté de la baie, à l’extérieur du parc, et beaucoup
moins belle. Inégalités quand tu nous tient..
On décide de poursuivre l’aventure avec nos deux compagnons de route Christian et Deri, et pour cela on modifie à peine notre plan. Au lieu de s’arrêter à Dominical on continue jusqu’à Uvita, et
on visitera Dominical sur le chemin du retour. L’ambiance dans notre petit groupe est excellente, une petite routine s’est installée au fil des jours. On avait l’habitude de déjeuner toujours au
même endroit à Manuel Antonio dans un Soda local. Deri lançait au proprio tous les matins « quattro desayunos por favor ! » Et on pouvait profiter du plat de fruits, des
pancakes, du riz, des haricots, et d'un bon café qui nous faisait tenir jusqu’au soir.
Le bus jusqu’à Uvita est pour le moins épique. En effet, le gouvernement costaricain ne tient pas tellement à ce que les touristes s’aventurent au sud de Manuel Antonio. La route qui descend
jusqu’à Uvita n’est pas goudronnée, c’est une « piste », des fois en bon état, des fois non. En l’occurrence on a été chanceux, car même si c’était la saison des pluies on a évité les
passages de rivières et toutes les autres réjouissances quand l’eau prends le dessus. Le bus était plein à craquer, Mathilde a eu une jambe dans le vide pendant la moitié du voyage, la bonne
rigolade. Uvita n’a donc rien à voir avec Manuel Antonio. Tout juste indiqué dans le guide, c’est un petit village de pêcheurs, tranquille. Le tourisme y reste très calme, enfin à part nous. Mais
nous ne sommes pas des touristes, nous sommes des voyageurs !! Nos habitudes ont perduré, tous les soirs on allait boire quelques bières après notre casados au « K-Tal Bar »,
l’équivalent du bar PMU du coin. On y a rencontré deux bambinos le premier soir, deux gamins du coin, autour d’une partie de billard.
La scolarité est au Costa Rica une notion très relative, d’après ce que j’ai pu observer. Un suisse nous a raconter plus tard que les enfants vont à l’école quand ils veulent bien y aller,
c'est-à-dire pas très souvent, et on a constater que les locaux avaient beaucoup de mal avec les chiffres. Et vas-y que je prends ma calculatrice pour ajouter 3 et 2. Le suisse a même ajouter que
les diplômes de l’université de San José, qui est quand même la capitale du pays, n’étaient même pas reconnus au Nicaragua !! Ca fait peur.. surtout que cette situation profite encore une
fois aux occidentaux, qui occupent les postes à responsabilités pendant que les costaricains font la sécurité dans leurs hotels trois étoiles. On a convié d’un rendez-vous avec les deux petits,
Fabian et Carlos, le lendemain matin, histoire qu’ils nous montrent un peu leur coin.
Les garçons sont au rendez-vous, visblement excités de passer du temps avec les étrangers. Chrisitian et Deri en profitent pour faire chauffer leur espagnol, Mathilde et moi un peu moins..
quoique mon espagnol a fait beaucoup rire.. Premièr mission, ils nous amène à la plage sans devoir payer l’entrée aux gardes forestiers, ils connaissent un petit chemin. Très vite on se retrouve
en dehors du village, pieds nus, à marcher dans la boue, dans des herbes hautes. Je demande si il y a des serpents, Fabian me réponds « Solamente la noche », seulement la nuit. Par
contre aucune idée de ce qu’ils font la journée.. On continue à longer la rivière, on arrive près d’un pont où on doit traverser, Fabian qui était devant nous prévient : « Rapido,
crocodilos !! » Euh attendez une minute, je suis pas bilingue, mais crocodilos en espagnol ça m’a tout l’air de signifier crocodiles en français. En effet, au moins trois belles bêtes,
trois beaux crocodiles, des caïmans pour être précis nous surveillait d’un œil intrigué à quelques dizaines de mètres de là. Fascinant. Je serais resté à les regarder des heures. Ils m’ont dit de
ne pas trainer, car il y en a qui peuvent dormir sous l’eau et attendre une proie qui passe. OK, j’avance ! Enfin on arrive sur la plage, immense, à marrée basse. Des kilomètres de sable
brun avec la forêt surplombant le tout. Un petit foot s’improvise sur la plage, on est tout seuls !! La plage pour nous tout seuls, des bons moments.
Le soir même on part à la recherche d’un bateau qui pourrait nous emmener voir les baleines. Au large d’Uvita se trouve une réserve naturelle, marine cette fois. On finit par dégoter un bon prix
sur un petit bateau, celui de José, avec un tour de la réserve de prévu.
On retrouve deux Ticos vers 9h du matin chez José qui nous emmène sur la plage pour monter sur le bateau. Un couple d’allemand bien triste nous accompagne. Ca change des énormes paquebots
australiens pour aller voir les baleines à Sydney. On est que six, on mets les voiles, ou plutot Edouardo tourne la poignée du moteur Yamaha et on décolle de la plage dans des petites vagues. Il
fait beau, la mer est belle. On se ballade un peu avant de reperer les jets d’eau, que j’avais décrit comme des « Pshiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitttttttt » quand j’étais en Australie. Ici même
principe, et d’ailleurs ce sont peut-être les même baleines, elles font Pshiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiittttttt pareil. Une baleine à bosse et son petit remonte les côtes du Costa Rica, on les accompagne
un bout. Très chouette les baleines, c’était une première pour Mathilde. Impressionant les bestiaux. Au bout de vingt minutes, je pense que la baleine en a eu marre qu’on la colle, alors elle
s’est mise à nous faire un petit show rien que pour nous, et vas-y que je sors mes nageoires, que je fais pshhiiiiiiiiitttt, que je nage sur le côté,.. et ça a marché puisque qu’après on les a
laissé tranquille.
Dernière soirée dans notre petit village de pêcheurs dont les gens commencent à nous devenir familiers. Après notre traditionnel passage au KTal Bar on est allé finir la soirée dans le bar d’à
côté sur les conseils d’Edouardo, qui faisait soirée Karaoké, samedi soir oblige. Les gens chantaient très bien, des grands classiques de la chanson sud-américaine, avec de grandes envolées
lyriques à l’octave supérieure et des « Mi corazón » en veux-tu en voilà. C’était sans compter sur la perspicacité de Christian qui leur a balancé deux chansons des Beatles parfaitement
interpreté !! Je n’osais pas me retourner pour regarder la tête des locaux qui devaient penser « mais qu’est ce qu’ils foutent ici ceux-là !! » Mythique !!
Hélas même les meilleurs choses ont une fin, on a du se séparer de nos amis le lendemain pour continuer notre route au Nord, alors qu’eux partaient vers San Jose. Ciao les gars, bonne route et
merci pour tout !!
4h du matin à Toronto, l’heure de se lever pour aller prendre notre vol un peu plus tard à Pearson. L’inconvénient des billets d’avion pas chers sont les horaires auxquels les avions décollent
et atterrissent, à méditer pour plus tard. Les yeux sont collés, mais on a hâte que ça commence et aussi que ça se termine : expédier les heures interminables d’avion, douanes, bus, navettes,
taxis,.. pour rentrer dans l’aventure Costa Rica. Quand je dis "nous" je parle de ma sœur Mathilde et moi pour ceux qui ne suivent pas.
L’atterrissage à San José, la capitale du Costa Rica se fait sous un temps exécrable. En effet, comme je l’ai appris il ya quelques semaines seulement, la saison d’été de l’hémisphère nord
correspond là-bas à la saison des pluies. Ben oui ! Sur le coup j’ai un peu paniqué, question saison des pluies en été pas besoin d’aller jusqu’au Costa Rica, au nord d’une ligne
Strasbourg-Nantes suffit largement. Et qui dit saison des pluies dit moustiques, ce que ma sœur m’a fait remarqué après une visite chez le médecin : le paludisme est présent à peu près partout
au Costa Rica, mais dans une version inoffensive, traduisez 3 mois cloué au lit avec 40 de fièvre, mais normalement vous n’y rester pas. Heureusement ces appréhensions avant le voyage se sont vite
dissipées une fois sur place.
Aéroport de San Jose donc. On récupère nos sacs tout en sympathisant avec une canadienne pour partager le taxi afin de se rendre en ville. A peine les portes automatiques ouvertes que c’est la
ruée, 20 chauffeurs en tout genre crient pour essayer de vous persuader de monter dans leur véhicule. Après de légères négociations de ma part –sans parler espagnol les tarifs augment de 100%-,
on atterrit à la gare routière qui dessert Jaco, une station balnéaire au bord du Pacifique, notre première destination. Son nom : la gare Coca Cola !! On m’a fait remarquer très
justement que plus un pays est pauvre et plus les enseignes Coca Cola sont nombreuses.
Le quartier dans lequel se trouve la gare a très mauvaise réputation, une femme m’indique gentiment de ranger la chaîne en or que je porte autour du cou, histoire de ne pas avoir d’ennuis avec
les locaux. San Jose ne nous a pas fait grande impression, pour le peu de temps que nous y sommes restés, malgré les volcans et montagnes environnant la ville.
On monte dans le bus, qui est complet, et il se trouve que nous sommes les deux seuls occidentaux. J’ai lu que la population du Costa Rica descendait majoritairement des colons espagnols mais à
en juger à la couleur de peau des locaux, beaucoup plus foncée que ce qu’on trouve en Europe, ils doivent avoir pas mal de sang amérindien qui coule dans leur veines. La route qui mène à Jaco
traverse les volcans des plaines centrales avant de rejoindre quelques 4 heures plus tard la côte pacifique. Elle est digne des plus escarpées que j’aie rencontrées, aussi bien en Corse ou sur
l’île de la Réunion. Le chauffeur conduit comme un malade, cela va de soi. On vérifie à chaque arrêt que nos sacs ne soient pas « accidentellement » tombés du bus. La nuit se couche tôt
sous les tropiques, à 6 heures on aperçoit déjà plus que les points lumineux au loin dans les montagnes qui s’effacent. On descend au centre ville de Jaco, qui sent bon la station balnéaire, et
on file en taxi jusqu’à notre auberge. Uwe, un allemand avec des yeux de drogué paye le taxi et nous donne une chambre double pour le prix d’une simple. Bonne nuit les petits.
Le jour se lève, c’est toujours excitant d’arriver dans un nouvel endroit la nuit et de se réveiller le matin, sans avoir aucune idée d’où l’on a atterrit la veille. Il se trouve qu’on est juste
à côté de la plage, Playa Jaco. Le ciel est gris, la marée est basse, les vagues sont pas terribles, de l’eau marron, personne sur l’immense plage. Eh ben ! Qu’est ce qu’on est venu faire
ici déjà ?? J’essaie de rassurer ma sœur à qui j’avais vendu le Costa Rica comme un paradis de surfeur, avec des plages d’eau turquoises, des vagues parfaites sans personne à l’eau, des
singes au bord de la plage.. elle se retrouve ici à se demander si elle ne va pas en plus se choper le palu en pleine saison des pluies.. à cause de moi. D’où sa petite vanne qu’elle me lance
quand on galère « Merci Mathieu ! » De rien, c’est mon plaisir !
Du coup on part à la recherche de planches de surf l’après-midi, car on n’est pas venu ici pour acheter du terrain, on est venu pour surfer !! On passe l’après midi à jouer à un jeu étrange
aux règles sous entendues. Le but est de trouver les meilleures planches au meilleur prix possible. Il y a 6 surf-shops dans la ville. On les fait tous, un par un, pour voir un peu le matos
qu’ils ont. Le jeu commence quand vous voulez acheter les planches dans des surf-shops différents, sachant que tout le monde vous a repéré en train d’arpenter la rue principale de la ville.. On
finalement tout acheté dans des shops différents avec des stratégies débiles pour ne pas que les mecs nous repère..
Le premier soir on fait la connaissance d’amis voyageurs comme nous, il y a un australien, un allemand Christian et un gallois Deri. Ces deux derniers parlent parfaitement le français, au plus
grand plaisir de ma sœur, qui stressait un peu de parler ni anglais ni espagnol. On a sympathisé autour d’un casados, le repas local, constitué de riz, d’une viande au choix, d’haricots
noirs, de bananes frites, et d’une salade. C’est copieux et pas cher, le repas du baroudeur-surfeur quoi ! Pour la bière la marque locale est Imperial -à
prononcer avec l’accent- plutôt pas mauvaise à mon gout.
Les informations concernant les vagues et le spot collectées la veille indiquent que le surf est possible à marée haute seulement, l’après midi ces jours-ci. La plage se transforme littéralement
au cours des heures de la journée, passant de Berk plage à un spot de surf nickel. Pour ma première session les vagues sont impressionnantes, un bon 2m à la série. Mais c’est lorsque j’aperçois
deux ailerons à peine plus loin que je commence à m’inquiéter. Même si le Costa Rica n’est pas une destination à requins à proprement parlé il y en a toujours pas mal qui trainent dans le coin.
L’île de Coco au large de la côte est même un sanctuaire de requins. En fait ce ne sont pas des requins que j’ai vu mais une raie Manta. C’est Daniel, un Costa ricain bossant à l’auberge et
surfeur également qui me donne le fin mot de l’histoire. Il y a des raies partout à Jaco, on les voit même sauter hors de l’eau quand on attend les vagues. Elles ont deux ailerons, et elles
piquent. Apparemment la piqure est très très douloureuse, parole de Ticos. « Ca fait dou mal » comme dirait Daniel. Au bord c’est encore plus impressionnant car on voit les raies dans
la vague.. Mathilde n’a pas trop apprécié.. Mais en dehors des raies le spot est excellent, pas trop de monde à l’eau et des vagues magnifiques qui déroulent bien, des locaux plutôt cool, et
beaucoup d’américains.
Après la session, repos du guerrier dans la piscine de l’auberge, d’où l’on peut admirer nombre d’espèces animales rien qu’en regardant dans les arbres : toucans, écureuils, iguanes,
oiseaux,... Un matin on a même retrouvé un basilic, croisement entre un dinosaure et un iguane, qui était coincé à côté de la piscine. En règle général le ciel commence à se couvrir en fin
d’après-midi et il se met à pleuvoir, enfin j’écris pleuvoir mais ça ressemble plus à la mousson asiatique qu’au crachin breton, il tombe des seaux d’eau. Et des fois il y a en bonus des énormes
orages, dont celui qui m’a sorti de l’eau un après-midi, il a commencé à pleuvoir si fort que je voyais même plus les surfeurs à côté de moi, les éclairs zébrant le ciel, le tonnerre, la houle
qui grossit, les raies et les requins.. l’apocalypse !! Je suis sorti de l’eau en courant..
On a donc passé quelques jours à Playa Jaco, vivant la PuraVida, tranquillou, entre surf et piscine, casados et bières, et soirées à l’auberge.
Mais hélas, la loi du voyageur fait qu’il nous faut quitter Jaco, notre prochaine destination étant le Parc National Manuel Antonio.
J’ai parcouru l’année dernière un bon bout d’Australie avec mon frère Maxime, il était normal que cette année je parte
avec ma petite sœur Mathilde. On reste en famille. Elle a passé un peu de temps au Canada dans un premier temps, où elle a pu découvrir Toronto, Kingston, Montréal, les chutes du Niagara, le
cottage country,.. D’ailleurs je remercie au passage tous les gens qui nous ont hébergé ou aider pendant ces deux semaines : Erika et sa famille, Jeff et ses parents, Amélie et les potes
français / québécois. Merci !
La pauvre Mathilde, elle qui n’a vu quela Finlande,la Suède, l’Espagne et j’en passe cette année, elle méritait bien un petit voyage dépaysant au soleil avec son fréro. La première fois que
j’ai entendu parler du Costa Rica c’était à Bali, par des surfeurs français. Ils m’avaient parlé de ces longues vagues, de la jungle environnante, des animaux et des gens. Je m’étais dit que
j’aimerais y faire un tour, voilà chose faîte maintenant !
Costa Rica.La CostaRica.La CôteRicheen français. Le pays doit son nom aux élogieuses descriptions de Christophe Colomb, qui découvrit cette bande de terre entre le Honduras et le Panama lors de son
dernier voyage vers le Nouveau Monde en 1502. Certes les espagnols n’ont appris l’existence de cette terre qu’au début du 16ième siècle, mais elle était habitée depuis plus de 10000
ans. Attendez une minute. Des autochtones vivant peinards depuis des milliers d’années, des découvreurs européens, les conquêtes, la colonisation, l’esclavage, la conversion au christianisme,
l’éradication des cultures aborigènes, mais ça me dit quelque chose tout ça ! L’histoire est un éternel recommencement. Australie, Nouvelle-Zélande,.. même combat. De 400000 personnes, la
population amérindienne en est réduite aujourd’hui à quelques milliers, vivant dans des réserves. Même si le Costa Rica a donc de nombreux points communs avec les autres terres du Nouveau Monde,
son histoire est tout à fait originale. Son résultat –le pays tel qu’il est aujourd’hui- l’est tout autant. Ne vous inquiétez pas, je fais court.
Le Costa Rica est une nation à part entière depuis sa séparation des Etats-Unis d’amérique Centrale, qui ont dû eux
même se séparé du joug espagnol un peu plus tôt. La culture du café puis de la banane donna au Costa Rica une existence économique au travers de lourdes exportations. Le pays passa par la voie
classique de la violence, de la dictature et de la guerre civile avant qu’un homme ne vienne tout changer. Son nom : José Figueres Ferrer. Se décrivant comme un agriculteur philosophe, il
imposa sa vision moderne et éclairée de la politique. Il fit passer plus de mille décrets, fît payer des impôts aux plus riches, donna le droit de vote aux femmes, nationalisa les banques,
accorda le droit de pleine citoyenneté aux minorités visibles,.. Mais surtout, son acte le plus courageux, j’irais même jusqu’à dire le plus beau, il abolit l’armée. Il abolit l’armée. Cet homme, président d’un minuscule état d’Amérique centrale, qui ne se trouve pas dans la zone du monde la plus paisible, a décidé que son
pays n’aurait pas d’armée. En dissolvant l’armée il cita H.G Wells : « les forces armées ne peuvent pas faire partie du futur de
l’humanité ». Point barre. Depuis plus de cinquante ans le Costa Rica est une démocratie sans armée.
Autre homme qui a marqué l’histoire du pays, Oscar Arias. Son nom vous dit peut-être quelque chose, il a
été Prix Nobel de la paix en 1987, après « l’affaire des contras ». Les Etats-Unis ont toujours aimé fourré leur nez dans les affaires des pays d’Amérique Centrale. Des mercenaires
américains avaient même essayer de conquérir le Costa Rica au milieu du 19ième. Heureusement sans succès. Lorsqu’en 1979, des rebelles prennent le pouvoir au Nicaragua, renversant la
dictature soutenue par les US, le sang de Reagan ne fait qu’un tour. Il envoie des agents pas si secrets dela CIApour remettre de l’ordre et
dégager les gauchistes du pouvoir. Ce sont les fameux « contras ». Reagan alla même jusqu’à demander au Costa Rica de s’engager dans la guerre, et c’est là que survient Oscar Arias. Elu
président en 1986 il réaffirma l’indépendance de son pays et promis d’expulser tous les contras. Au cours d’une cérémonie publique, des écoliers costaricains plantèrent des arbres sur la piste
d’atterrissage secrète dela CIA.
Troisième fait marquant de l’histoire passionnante du Costa Rica, sa révolution. Une révolution verte. Après l’effondrement de la culture du café, la concurrence sur celle de la banane, les Ticos se sont dit que finalement la plus grande
richesse du pays était sa biodiversité. Ils se sont mis à protéger la forêt, préserver les éspèces animales et végétales, et ont débuté le business vert, le tourisme écologique. Aujourd’hui
presque un tiers du pays est protégé d’une façon ou d’une autre. Par contre l’arrivée en masse des touristes n’est pas sans posé de problèmes au niveau de la protection de l’environnement. Ce
sera le grand enjeu du 21ième siècle pour le Costa Rica.
Encore petit article avant de partir pour de bon au mois d'Aout avec cette fois non plus mon frérot mais ma sœurette pour une destination pour le moins exotique. Donc en attendant j'en profite
pour publier quelques photos de mes petites aventures canadiennes qui se pimentent un peu avec les températures qui remontent. Qui remontent tellement que je me suis permis d'aller faire un tour
à "Sandbanks" avec deux autres collègues en ce samedi ensoleillé. Alors question plages de sable fin je m'étais dit qu'en arrivant ici il faudrait que j'attende un peu avant de sentir les petits
grains tout chauds entre mes doigts de pieds. J'avais d'ailleurs fait une première tentative il y a quelques semaines, à "Big Sandy Bay" sur Wolfe Island, une île près de Kingston. C'était 8$
l'entrée, à ce prix là je m'attendais à Bondi Beach, mais c'est plutôt Rubbish Beach que j'ai découvert: une minuscule bande de sable gris qui sert de décharge, on ne m'y reprendra pas deux fois
avec le coup de la plage de sable en Ontario. Pourtant, Dieu a dû m'entendre en train de penser que je repartirais bien en Australie quand on a loué cette voiture avec mes potes iraniens Ray et
Sina direction la fameuse Sandbanks. 15$ l'entrée, les canadiens ne sont pas du genre à vous oublier quand il faut subventionner les parcs provinciaux. Je me disais qu'avec tous les impôts que
les étudiants internationaux payent on pour faire venir le sable par avion. Enfin bref, toujours est-il que cette plage de Sandbanks est littéralement magnifique, avec du vrai sable blanc, elle
est longue comme une plage des Landes, il parait que certains jours on peut même y surfer. Quelques photos:
J'ai fait un signe de croix quand j'y vu ça en arrivant..
l'Austr..euh l'Ontario je veux dire.
Ray, il va signer au Barça pour remplacer Henry, trop vieux.
Ne me demandez pas pourquoi de nombreuses fêtes nationales tombent en Juillet et pas à un autre moment de l'année (France, US, Canada,..), car je ne pourrai pas vous répondre. Toujours est-il que
la fête du Canada -Canada Day dans les provinces anglophones- tombe le 1er Juillet. Pour faire court, cela correspond à la date du 1er Juillet 1867, date à laquelle le "Canada Uni" est né. Alors
tout le monde lance des "Happy birthday Canada", c'est très très sympa, très convivial. Matériellement parlant les célébrations sont assez communes avec ce que l'on trouve en France, drapeaux,
hymne national, feux d'artifices, mais pas de défilé militaire -ils sont tous en Afghanistan.
Rien à voir avec la fête nationale du Canada mais en ce 1er Juillet je me trouvais à Toronto et un des amis d'Erika a eu la bonne idée de nous acheter des places pour aller voir un match du
Toronto FC. Eh oui, le Toronto Football Club. Et par Football j'entends la version noble du mot, la version avec les pieds, pas les balourds bodybuildés du pays d'à côté. Evidemment en Europe
personne n'a jamais entendu parler du football nord-américain, mais pourtant il existe. L'engouement est très récent puisque la première saison du TFC dans la MLS -le championnat nord-américain-
date de .. 2007. Oui je sais c'est fou. Le club a un an.. hahaha mort de rire. Le TFC affrontait les Vancouver Whitecaps en tour préliminaire pour accéder à la Champions League, regroupant les
meilleures équipes de l'Amérique du nord et centrale.
Le TFC est une grosse écurie puisque l'équipe appartient au même groupe qui détient les Toronto Maple Leafs -l'équipe de Hockey qui joue en NHL- et les Toronto Raptors -l'équipe de basket qui
joue en NBA-. Des millions de dollars ont donc été investis dans le soccer, sport à gros gros potentiel en amérique du Nord car pour l'instant sous-développé. Pas beaucoup de grands joueurs, à
part un certain David Beckam qui a rejoint les Los Angeles Galaxy et Youri Djorkaeff qui avait terminé sa carrière à New-York. En regardant la liste des joueurs du TFC, j'ai repéré un certain
Laurent Robert, qui jouait au PSG dans le temps où le PSG avait une équipe. Bref, j'ai donc assisté à cette rencontre au BMO stadium, 20500 places juste au bord du Lac Ontario. C'est marrant car
ici toues les infrastructures sportives ont leur nom associé avec le sponsor qui a aidé à les construire, en l'occurrence ici la Banque de Montréal. Dans le désordre vous pouvez trouver le Rogers
Centre, le Air Canada Centre, le Bell Center,... et j'en passe. J'imagine Metlson Moinfort "en direct du centre France Telecom Patriiiiiick" ou "bienvenuuuuuue chers amis au stade de La Poste"?!
Bref.
Le TFC s'est incliné 1-0 face à Vancouver, qui est pourtant une équipe de second rang au Canada. Un niveau de Ligue 2 je dirais mais un bon match quand même. L'expérience vaut le coup surtout
pour les fans, très très passionnés et alcoolisés.
Quelques photos de notre journée:
Le BMO Stadium.
Nos amis supporters.
Le virages des Ultras!
TFC TINTINTIN TFC TINTINTIN TFC..
Samedi fin d'après-midi à Kingston -qui se trouve pour ceux qui ne suivent pas en Ontario, province anglophone du Canada. Je rentrais d'une dure après midi de travail passée à bronzer sur la
pelouse de la citadelle locale lorsque je suis tombé en ville sur le "Festival de la Francophonie". Kingston est vraiment une ville sympa l'été, autant l'hiver a été très très long, autant
l'été fait vraiment rêver. La ville est située juste au bord du lac Ontario, climat très ensoleillé, pas mal touristique, c'est un peu le Saint Trop' du Canada, toutes proportions gardées.
Donc, pour en revenir à mon artiste du mois, le Festival de la Francophonie proposait une série de concerts pendant l'après-midi, et c'est là que j'ai eu la chance d'écouter MATHIEU GAUDET, un
jeune artiste québecois qui monte. Pour reprendre mes comparaisons franco-françaises, il est un peu le Julien Doré local. En effet il s'est fait connaître par Loft Story 1, version Câaaaalisse,
Tabernacle, passes-moi-la-hâche-je-vais-couper-du-bois, et j'en passe. J'avoue avoir eu un coup de coeur pour sa musique, excellente , et pour le chanteur aussi. Musicalement c'est
un mélange d'influences rock-folk, version proche de Aldebert, Bénabar. Je vous ai gentilment copié la vidéo d'un de ses titres "Le monde est matériel", qui contient le très bientôt connu
refrain "Le monde est matériel, c'est le jour des poubelles". Teeeeellement vraiiiiiii, je suis teeeeeeeellement contente d'être là, bon OK j'arrête.
Bref, juger par vous-même!
Bienvenue à Frontenac Park, un parc naturel situé juste à 40 km au nord de Kingston. On y a passé un charmant week-end le sac au dos, où l'on a pu profité de la faune et de la flore
locale: biches, castors, serpents, .. on ne s'est pas ennuyé une seconde. Et le camping ajoute toujours ces petits imprévus comme le réchau vide par exemple -ce qui est ennuyeux pour cuire des
pâtes.
Le sac au dos, un énorme sac au dos en fait!
Notre "campsite", au bord du lac, le bonheur quoi!
Petite discussion philosophique le soir: tu crois que la France a gagné
contre les pays-bas??
Il faut pendre le sac de nourriture à cause.. des ours bien sûr!!!
Bon là il faudrait un ours d'une taille respectable pour aller le chercher.
Petit pont en bois, très mignon.
Et une cuillère pour Maman!
Ah on ne se lasse pas des couchers de soleil canadiens!
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