Montréal - Québec
Jeudi 14 Décembre, dans mon appart grenoblois : « Ah tiens, il reste des billets d’avion pour le Canada ?! ». Dimanche 17 j’étais dans l’avion. Elle est pas belle la
vie ??
Voilà en gros comment l’idée de ce séjour a germé, on se dit qu’on a une chance sur un million d’y aller, et finalement on y va ! Loin la semaine de cours à l’EEG et le partiel d’anglais (
il bien faut avouer que ça fait moins rêver..), direction Montréal, pour deux semaines chez nos amis canadiens. Bien évidemment le choix de la destination a été légèrement influencé par le fait
que ma « blonde » soit canadienne. Me voilà donc à l’aéroport Montréal Trudeau, surnommé PET, après un vol finalement assez court. Je vais pour récupérer mon
sac, m’attendant normalement patiemment sur les tapis roulants. Pas de traces de mon sac, mais en revanche, celui d’Erika ma canadienne, lui, est bien là !! Aïe la boulette, grosse erreur au
check-in à Roissy, mon sac est resté à Paris, tandis que celui d’Erika est descendu de l’avion avec moi à Montréal. Les choses commencent bien, 15 kilos de linge sale féminin à trimballer pendant
une semaine, et rien à se mettre sur le dos pour toute la semaine, les dommages collatéraux du baroudage.
Je trouve finalement l’auberge de jeunesse dans laquelle je vais passer les premiers jours, et fais ma première rencontre, Aron, jeune médecin suisse de 26 ans, qui, dans l’altruisme le plus
total me prête une veste pour la semaine. On part à la découverte de la ville ensemble le lendemain, en commençant par le Mont Royal, célèbre colline au dessus de la ville de Montréal, avec vue
imprenable sur les buildings du centre-ville, les différents quartiers et le Saint Laurent ( la ville de Montréal est en fait une île au milieu du fleuve ). Premier repas local, on attaque fort
avec une bonne « poutine » ( attention, l’abus de poutine peut nuire gravement à la santé ). La poutine est un plat typiquement québécois à base de frites, de fromage, et de
« gravy », une sauce à la provenance diverse. C’est.. comment dire.. gras ! Très gras ! Vous en avez pour vos dollars, une bonne poutine et hop au lit ! Plus la peine de
manger dans les deux prochaines semaines. La poutine comme solution contre la famine, on devrait y penser. On poursuit notre ballade sur l’île Sainte Hélène, avec la Biosphère et des petites
expériences sympas sur les gaz à effet de serre. Mes premières impressions sur le Québec sont surtout auditives, l’accent québécois me faisant vraiment rêver. Notez que les québécois parlent un
français très pur, voir moyenâgeux parfois, mais bien meilleur qu’en métropole. Et ici, c’est moi qui ai un accent, ne l’oublions pas. A propos, demandez à un québécois de parler avec l’accent
français, ça vaut le détour.
Dès mon deuxième jour, départ pour la ville de Québec, à quelques heures de route au Nord de Montréal. Comme en NZ, je suis un voyageur pressé, pas là pour acheter du terrain. L’autoroute est
gratuite ici, et.. droite. Un virage tous les 50 km en moyenne. Quand ça tourne il y a des panneaux lumineux, genre automobilistes, profitez, va y avoir un virage !! On fait le trajet en
covoiturage avec deux québécoises, la conversation tourne vite sur le sujet épineux de l’indépendance du Québec, la culture québécoise, les français,.. J’apprends beaucoup. Toujours intéressant
de papoter avec les locaux, et ils sont vraiment très accueillants, ce n’est pas une légende. Je me rends compte à quel point mon inculture est une insulte pour eux. Des millions de personnes
parlant la même langue que la mienne sans que je puisse citer un seul auteur, peintre ou musicien québécois, quelle honte !
La ville de Québec est la première ville proprement dite Nord-américaine, et le lieu de la défaite française face aux anglais sur les plaines d’Abraham. La citadelle de la ville ayant été
construite par l’ami Vauban, le même que la citadelle de Besançon, le monde est petit.. Les québécois regrettent vivement cette défaite, car l’entente avec leurs voisins anglophones n’est pas des
plus cordiale.
Une chance certaine nous permet d’obtenir des places de concert pour le soir même au Grand Théatre de la ville où se produise un des groupes québécois les plus connus, j’ai bien sûr nommé
Les cow-boys fringants. Quoi, vous ne connaissez pas ?? A télécharger..euh..acheter d’urgence. Savant mélange de Louise Attaque, Bénabar et Aldebert mais version
indépendantiste de la Nouvelle-France. La soirée se poursuit en boîte, et là attention les yeux, je n’ai vu que des belles plantes.
Après mon retour à Montréal le lendemain (Québec sans neige, ça fait pas rêver) mon squat chez des amis de mes amis peut commencer, direction le Parc Oméga avec quelques français expatriés, où
l’on a pu croiser la faune typique du Canada en semi liberté, à savoir des loups, des renards, des orignaux, des cerfs, des wapitis, et même des ours, pas encore en hibernation, une conséquence
de la douceur inhabituelle.
Une dernière journée à flâner dans Montréal avec Claire et Guillaume, avec un tour à la célèbre université Mc Gill, au musée des beaux-arts pour contempler l’art
Inuit, les galeries souterraines de la ville (plus de 35 km !!, une vraie ville souterraine) , puis lever tôt le matin pour aller prendre le bus vers Toronto. 7h de bus, on est au Canada,
les échelles ne sont pas les mêmes. 7h de ligne droite, de paysages plats, de forêts d’érables clairsemées, de lacs,.. le Canada quoi !
Toronto - Ottawa
Arrivée vers 14h dans la plus grande ville du pays, Toronto, capitale de la province d’Ontario, et essentiellement anglophone. Fini le baroudage seul et avec un seul caleçon, une autre semaine
commence, c’est le voyage version immersion culturelle dans une famille ontarienne pendant les fêtes de Noël. Dépaysement garanti après l’épisode de cet été, immersion culturelle dans une famille
indonésienne. On me présente à toute la famille, l’accueil est chaleureux, et les retrouvailles avec mon sac tout aussi torrides.. Oh des habits propres !!
On débute la visite de la ville le lendemain, grand ciel bleu et temps froid mais sans neige à mon grand désespoir. On est le 24 Décembre, ce sera donc un « Green Christmas » comme ils
disent ici, pas vu depuis quelques années. Je suis agréablement surpris par la ville de Toronto, cette mégalopole aux périphériques à 7 voies garde une dimension humaine. Les hauts gratte-ciels
du centre-ville côtoient comme à Montréal les vieilles églises, le tout au bord d’un des 5 grands lacs, le lac Ontario, et avec beaucoup de charme. Là encore par
contre les rues sont étonnamment calmes, oubliez la folie londonienne de Soho. J’ai l’occasion en ce soir de Noël de retourner dans une église, 10 ans que je n’y avais pas mis les pieds !
Aucun respect pour ma grand-mère. Promis Zazy, dans 10 ans c’est avec toi que j’y vais.
Le 25 au matin, comme dans presque toutes les familles du monde c’est le branle-bas de combat, Santa est passé. Santa Klaus est le nom anglophone du père Noël, ne me demandez pas pourquoi, je
n’en ai aucune idée. Le sapin est pour le moins fourni en cadeaux de tailles diverses et variées. Commence alors un rituel totalement nouveau pour moi, habitué à un déballage express des cadeaux dans ma famille, le but étant pour chacun de vaquer à ses préoccupations sportives le plus vite possible, qui va donc de pair avec un grand n’importe quoi, et en 20
minutes tout est bouclé, circulez y a plus rien à voir. Ici on prend son temps. Les cadeaux sont déballés un par un, chacun ouvrant ses paquets devant les autres membres de la famille. Avec toute
la pression qui va avec.. Beaucoup plus chaleureux et convivial. Je vais essayer de faire passer une circulaire familiale chez moi en 7 exemplaires en vue d’adopter ce nouveau mode d’ouverture
l’année prochaine, mais c’est pas gagné..
On continue la visite de la ville le lendemain, je suis toujours accompagné de mon guide local, qui a pu nous obtenir des entrées pour la CN Tower. La plus haute structure du monde, 553 m s’il
vous plaît. (Tour Eiffel 350m à titre de comparaison). Vue impressionnante sur toute la ville et bien au-delà. La légende raconte que par temps clair on aperçoit l’Etat américain de New-York.
Wow ! Petits frissons au « glass floor » où il est possible de marcher sur du verre avec les 400m de vide en dessous. Sur le chemin du retour, alors que la soirée s’annonçait
calme, re-gros coup de bol, on réussit à trouver des places pour le match de Hockey du soir même, les Maple Liefs de Toronto contre des américains du Minessota, en NHL évidemment, le tout ayant
lieu dans la prestigieuse enceinte du Air Canada Centre (ACC). Le Hockey est au Canada ce que le rugby est à la Nouvelle-Zélande, un truc de malade. L’engagement est maximal, le jeu est ultra
rapide, et le suspens est à son comble, 3-3 dans les cinq dernières minutes. Finalement les Leafs l’emporteront 4 à 3, bonne soirée donc, et un pas de plus dans l’immersion canadienne. Ma
transformation commence, je porte la marque canadienne Roots, mange du beurre de cacahuètes le matin, supporte les Maple Leafs,.. en gros j’ai failli ne jamais revenir !
La fin de mon séjour à Toronto approche déjà, dernière virée dans les environs aux célèbres Chutes du Niagara, à 2h heures de route de Toronto. Une des sept merveilles du monde, deux chutes d’eau
impressionnantes d’une soixantaine de mètres, l’une canadienne et l’autre américaine, dont la plus célèbre est en forme de fer à cheval. Impressionnant. La nature à l’état brut. La légende
raconte que certains téméraires se sont risqués à les descendre en tonneau, avec plus ou moins de succès. Naïvement je pensais que les chutes étaient situées en pleine cambrousse au milieu de
nulle part, quel crétin ! Tout est aménagé, l’une des plus grosses destinations touristiques au monde oblige. Avec un quartier Las Vegas, du Burger King et du Planet Hollywood en veux tu en
voilà. A ce propos un de mes coups de cœur canadien sont les « salons de thé » Tim Hortons, pas chers et vraiment bons, notamment le Doughnut au sirop d’érable, mon favori. A consommer
avec modération tout de même..
Départ le lendemain pour la dernière étape de mon séjour, après une soirée un peu trop arrosée la veille. Ah, le sirop d’érable.. Bref ! Direction la capitale du Canada, j’ai nommé Ottawa.
Avec cette fois la neige au rendez-vous. Un peu moins captivante que les villes précédentes, il y a cependant quelques intérêts : je craque pour le canal Rideau, 5 km dans la ville, gelé
tout au long de l’hiver, et sur lequel il est possible de patiner. Il parait même que certains vont au boulot le matin en patin, canadian lifestyle. En ce qui nous concerne, on a moins de chance,
il fait très froid mais la glace n’est pas suffisamment épaisse pour s’y essayer. Mais on a quand même testé la spécialité locale, les Beavertails, traduisez les Queues de Castors, un dessert
classique qui se mange la crosse de hockey dans une main et les patins aux pieds. Excellent. Très.. sucré mais très bon : une pâte recouverte de sirop d’érable, de noix et de chocolat.
Petit détour par le parlement, abritant la chambre des députés et le Sénat, et la résidence du controversé premier ministre Stephen Harper. La ville étant située pile à la frontière entre la
province de Québec et celle de l’Ontario (la raison pour laquelle elle a été choisie capitale du pays), la majorité des gens sont bilingues, et les panneaux de signalisation routière
systématiquement traduit dans les deux langues, y compris l’universel Stop, traduit par Arrêt.
Terminus à Otawa, tout le monde descend.
Me voilà de retour à l’aéroport de Montréal, pour le petit bilan habituel du séjour. Ces deux semaines auront été l’occasion pour moi de réaliser ce qu’est vraiment la francophonie, faire 6000 km
et trouver encore des gens qui parlent français me surprendra toujours ! En partageant la même langue, il devrait être possible de partager encore plus, promis, ma culture québécoise n’en
est qu’à ses balbutiements. Côté anglophone, l’immersion dans une famille fut une expérience très riche, tant pour mon anglais que pour le côté culturel. Ce fut l’occasion de découvrir les deux
facettes d’un pays bilingue, le Canada, qui partage une histoire commune avec la France et l’Europe plus généralement, qui était là encore très sombre pour moi, mais qui s’est éclaircie au fil
des jours.
Enfin, j’avais pu découvrir la triste réalité des « Premières Nations », Maoris en Nouvelle-Zélande, aborigènes en Australie, il est triste de constater qu’elle est la même pour les
peuples Inuit et Indien, parqués dans des « réserves », ou plutôt des « communautés » selon le vocabulaire officiel.
Il y a tant à dire sur le Canada !
De nombreux remerciements pour ce voyage, sans qui pas grand-chose n’aurait été possible, selon la formule consacrée.
Dans l’ordre « d’apparition » :
Merci à Vincent pour les conseils et les guides.
Merci à Philippe pour son mail.
Merci à Aron pour le séjour à Québec, et sa veste, qui m’a sauvé ma semaine..
Merci à Claire et Guillaume pour l’hébergement, le temps passé avec moi à Montréal,..
Merci aux deux alsaciennes avec qui je partageais l’appart.
Immense Merci à ma canadienne, et toute la famille, je n’oublierai jamais ce séjour.
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