Jeudi matin, rendez-vous était pris à 9h30 avec Greg et Solène
pour un long week-end de cinq jours. 10h00, une voiture blanche déboule devant chez moi, c’est bien eux, à la différence près qu’ils sont quatre. Jennifer fait aussi parti du voyage. Une cruche
de première classe que je vais devoir me coltiner tout le week-end. On l’a surnommé « la pintade ». On passe une heure dans Christchurch à chercher la sortie direction Dunedin, le Sud.
C’est pas gagné ! Pause pic-nic au bord de la plage à Timaru, il fait grand soleil, c’est vraiment sympa. Après environ six heures de Toyota à vitesses automatiques, nous voici arrivés à
Queenstown, petite bourgade connue pour son or au 19eme siècle et autoproclamée capitale des sports extrêmes. Ici tout est possible, mais pas pour toutes les bourses. Ambiance Chamonix
au mois de Janvier. Première nuit au Pinewood Lodge, un backpacker classe, sur les hauteurs de la ville. On rencontre des français le soir dans un bar, Anthony et Thibaud, deux baroudeurs.
J’écoute avec attention leurs anecdotes à propos de leurs voyages, ça me fait rêver. L’un a traverser l’Amérique du Sud et le Canada, et l’autre le Népal.. Plus j’avance dans mon trip, et plus je
me rends compte que les gens que je rencontre sont aussi importants que les endroits, aussi beaux soient-ils, que je peux voir. Réveil le lendemain sous un ciel dégagé mais se couvrant petit à
petit. On part pour une petite rando au sommet de Bob’s Peak, belle vue sur les Remarquables, le lac Wakatipu.
C’est là que les choses sérieuses commencent. J’ai négocié avec mes collègues la veille pour un saut en chute libre, et non à l’élastique comme ils le souhaitaient au départ. Je trouve ça plus
marrant. On entre à 14 heures dans le magasin pour se voir annoncer que le saut est repoussé à 16 heures à cause des nuages. A 16 heures même topo, on doit revenir le lendemain matin. La pression
monte. Le skydiving est un saut à 12000 pieds depuis l’avion, avec 30 secondes de chute libre, en tandem bien sûr, et la fin en parapente. Tout un programme.. Le soir, dans le même pub que la
veille je rencontre un écossais, avec un accent encore pire que les Kiwis, qui me paye tournée sur tournée.. histoire d’oublier que demain je saute de l’avion..
Réveil difficile ce samedi, le ciel est parfaitement clair, ce sera donc pour aujourd’hui. A huit heures, briefing avant de partir sur la zone d’envol. C’est très commercial, le filon est bien rôdé, on prend tous l’option DVD, avec un cameraman qui saute en même temps que nous pour nous filmer. Il faut avant de partir signer un papier comme quoi si vous mourrez, tatati tatata.. je signe sans lire, je suis assez tendu comme ça. On monte dans le van, direction l’aérodrome privé réservé au skydiving ( qui signifie littéralement « plonger dans le ciel » ).
Ensuite tout s’enchaîne très vite. Markus, mon instructeur, m’appelle pour enfiler la combinaison de vol. J’apprends qu’en été il fait jusqu’à huit sauts par jour, sacré job ! Greg et Solène sont prêts eux aussi, on doit monter les 3 dans le même avion. En 30 secondes chrono, Markus m’explique comment va se passer le vol, rien de bien compliqué, c’est lui qui fait tout le boulot. Je lui demande si on peut faire un backflip avant d’ouvrir le frein, il me répond avec un sourire « no worries ! ». Style toi mon grand, tu vas t’en souvenir longtemps de ton saut.. Je monte le dernier dans l’avion, ce qui signifie que je vais sauter le premier. Je suis à côté de la porte, blanc ; le paysage est splendide. La pression monte encore d’un cran quand Markus me montre son altimètre : 11000 pieds, ça va être bientôt à moi. Il me met le casque, les lunettes. Putain, qu’est ce que je fous là ????? Je vais sauter de l’avion !!!!!!
Markus ouvre la porte coulissante de l’avion, ça caille sévère à 12000 pieds. Il me fait signe de me mettre au bord de l’avion, les jambes dans le vide. Dernier regard pour mes potes, et je m’exécute. Et là tout va très vite. Je vois ses doigts qui font le décompte, le cameraman est prêt. 3 2 1 Go !!! Dernier battement de cœur, je sens Markus donner un grand coup de rein, c’est parti. Mon cerveau est déconnecté, je ressens juste une décharge d’adrénaline jusqu’au bout de mes doigts. L’impression que mon cœur s’est arrêté. Je vois le ciel, la terre, le ciel, la terre.
Markus me tape sur l’épaule, signe qu’on est stabilisé. Je me réveille, et savoure. Je tombe. L’air qui passe sur mon visage et m’empêche de respirer. Les montagnes. Le bleu du lac. Je suis comme fou, surexcité. WAOOUUUUHHHHHHHH !!!!!!!!! Je fais Superman !!! Le cameraman ( je l’avais complètement oublié celui-là ), s’approche de moi, me sert la main, nous fais tourner. C’est incroyable, surréaliste, indescriptible. Je tombe toujours. Markus tire le parachute, on remonte sec tandis que le cameraman continue sa chute.
Et là, pas un bruit. Le calme complet. A l’opposé des dix dernières secondes, peut-être les plus intenses de ma vie. Je suis suspendu dans le vide, le lac et les montagnes sous mes pieds. Je mets un peu de temps à réaliser. Markus me demande si je suis OK. Et comment que je suis OK !!!
Après la chute, le vol. Je déploie mes bras, j’ai l’impression de voler. Rien dans mon champ de vision qui ne prouve le contraire. On fait des « spirals », des énormes 180° pour perdre de l’altitude. C’est magique, j’ai envie que ça dure. Puis vient l’atterrissage, tout en douceur. J’ai un sourire jusqu’aux oreilles, tombe dans les bras de mon instructeur. « Markus, you’re a legend ! ». Je vois atterrir mes deux potes. Congratulations tous ensemble, heureux de l’avoir fait. Au moins une heure pour redescendre sur Terre. Je me vois encore sauter de l’avion, l’adrénaline dans mes veines, le cœur à l’arrêt.
Je verrai plus tard sur le DVD qu’on a fait un backflip vrillé avant d’ouvrir le frein. Sacré Markus !
PS: je mettrai en ligne les photos du saut demain.
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Tout commence comme d’habitude, rendez-vous le samedi matin sur le parking de la fac, je suis encore en avance, et tout le tralala,
vous commencer à connaître, je vous la fais courte.



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