Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire


| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Je commençais à me croire en vacances avec l’avion, le changement de décor, l’océan,..mais le retour à la réalité ne s’est pas fait attendre. Lundi, 14 heures, dans le bureau de mon supervisor. Je suis à l’heure et attends 5 minutes. Un grand baraqué débarque, sourire aux lèvres, ressemblant comme deux gouttes d’eau à Lance Armstrong. Sympa le mec. On parle de mon projet, il fait des efforts pour que je comprenne, c’est cool..
Apparemment je vais avoir pas mal de boulot, puisque le travail que je dois accomplir était prévu pour 6 mois, il est un peu surpris quand je lui dis que je reste que 3 mois. Et encore, je lui ai pas dit que je pensais avoir une semaine de vacance pour découvrir l’île du Nord. Va falloir négocier. Bref. Il me présente le labo et les infrastructures qui vont avec. Je vais de surprise en surprise. Ils sont super-équipés les Kiwis. Du matos à faire tomber la mâchoire de n’importe quel chercheur du LEPMI ( labo grenoblois) : MEB et MET dernier cris , écrans plats partout, tout est nickel, et les labos sont quasiment vides. Où en France les gens doivent s’inscrire des semaines à l’avance, ici les machines s’ennuient..
Francis Dallard, ton salut est ici !
Puis vient la question fatale, je l’avais pas vu venir celle-la :’’au fait t’étudies quoi dans ton école ?’’ Les mots se bousculent à mon esprit, mais je trouve rien a répondre. Je deviens tout rouge, c’est lamentable. Faut dire que la question est difficile, qu’apprend-t-on a l’ENSEEG ?
Finalement il me présente mon co-tuteur de stage, un français, Benoît, qui fait son doctorat sur un sujet proche du mien. Je m’installe dans son bureau, qu’il partage avec un chinois qui sent pas très bon. Ca a l’air plutôt bien engagé pour l’instant. Ah oui j’ai oublié de préciser, je vais travailler sur les matériaux biocomposites à matrice en PLA ( un biopolymère ) et aux fibres de Harakeke, une plante néo-zélandaise. C’est la classe non ? Synthèse et caractérisation. Pas trop de chimie, c’est tout ce que je demande..
Ma première semaine sera biblio, histoire de comprendre de quoi ils me parle.
Arrivée à la résidence, je suis dans un appart pour les « postgraduate visitors », c'est-à-dire tous les gens qui bossent à la fac mais ne sont pas étudiants : des profs étrangers, des stagiaires…Il y a six chambres distinctes avec un salon et une cuisine en commun. Je me retrouve avec un chinois d’une quarantaine d’année et une allemande de mon âge, Kraestin, de Munich qui, d’après ce que j’ai compris fait en gros la même chose que moi mais dans le département voisin de chemical engineering. Ca fait une semaine qu’elle est là. Apparemment c’est un peu la loose ici, elle m’explique qu’elle a pas vu grand monde dans l’appart depuis une semaine. Il doit y avoir des américains mais ils mangent dans leur chambre, et sortent pas. Il y a également un Papou !! si, si un vrai !!! pas d’Entre-les-Fourgs celui-là mais de Nouvelle-Guinée, par contre j’ai pas bien compris il s’appelle Steven..qui est plutôt un prénom de World’s Appart. Il est habillé comme un clochard et se ballade pieds-nus mais vient de terminer son doctorat de médecine aux Etats-Unis sur les plantes médicinales.. Bref dans tout ce petit monde, seule l’allemande a l’air plutôt contente de me voir débarquer.
Le premier jour, après une bonne nuit de quinze heures de sommeil, je décide pour ma première sortie ( et ça n’étonnera pas ceux qui me connaissent un peu ) d’aller voir les vagues. C’est toute une expédition : il faut prendre le bus, donc acheter une carte d’abonnement, trouver les cartes de la ville,.. sans compter que je redemande plusieurs fois la même chose, histoire d’être sûr d’avoir bien compris. J’arrive enfin à la plage de Sumner après une heure de bus, il est 15 heures environ, mais j’ai l’impression qu’il va bientôt faire nuit. Les vagues ont l’air sympa, il y a un bon mètre à la série déroulant sur un banc de sable style Anglet, un peu de monde à l’eau, du soleil, mais il fait terriblement froid !! Je revoie donc instantanément mes ambitions de surfer à la baisse..
Le lendemain après quelques courses au supermarché du coin, on décide avec Kraestin ( ne vous fatiguez pas, c’est imprononçable ) d’aller visiter la ville de Christchurch. D’autant plus qu’elle connaît un peu et parle un anglais meilleur que le mien. On commence par Cathedral Square, grand classique, en plein centre ville, dominé par la cathédrale de Christ Church. C’est la grande place de la ville, il y a un concert de reggae avec des slogans en faveur de la dépénalisation du cannabis. Ambiance très british, avec des cabines téléphoniques rouges, et un tramway kitch pour les touristes.. tout est calme, tranquille. Il y a des grands jardins taillés au millimètre, il fait plutôt bon, je me dis qu’à l’autre bout du monde, il y en a qui ont vraiment la belle vie. Néanmoins, le centre n’a rien a voir avec ce que l’on connaît en Europe : ici pas de petites ruelles étroites et pavées pleine de charme, pas de monuments antérieurs à plus de 200 ans. C’est bizarre au début mais on s’y fait. Par contre dès que l’on sort du centre, on se retrouve dans une espèce de gigantesque zone industrielle. Les gens vivent dans des pavillons avec rarement plus d’un étage, ce qui donne l’impression que tous les quartiers se ressemblent. Le soir, on apprends que cinq filles néo-zélandaises vivent dans l’appart d’à coté. On sonne, on entre, on cause. Bonne nuit tout le monde.
Nous voici dimanche, jour du seigneur. J’avais prévu de prendre le « Gondola », le téléphérique qui grimpe sur une montagne au dessus de la ville, ( sorte de Bastille locale pour les grenoblois ), avec, il parait, une vue à couper le souffle. Mais bon, vu le temps pas terrible, changement de programme. Je passe ma matinée à arpenter tous les « shopping malls » de la ville à la recherche d’un adaptateur ( eh oui les prises ici sont très bizarres ) et d’un appareil photo numérique, grâce auquel vous verrai ces belles images. Je termine la journée à l’autre plage de la ville, New Brighton, sur le North Shore. Belles vagues creuses avec peu de monde à l’eau, ça caille sévère en fin d’après-midi. Les surfers ont cagoule et chaussons, on dirait des pingouins. C’est toi le pingouin ! Désolé je pouvais pas la rater celle-là !
Ca y est, cette fois il faut partir. Mon père me jette dans le train de 5 heures du mat à Besançon avec les dernières recommandations : « au fait t'as tes papiers ? _hein ? quels papiers ? faut des papiers pour aller en Nouvelle-Zélande ? » Bref, quelques heures plus tard me voilà dans l'avion, un boeing 777 de Singapore Airlines, en classe économique, c'est-à-dire avec les genoux qui rentrent dans le siège de devant. Le vol est plutôt passé vite, il faut dire qu'il y a de quoi s'occuper : films à la demande, TV, jeux vidéos,.. j'ai passé mes 12 heures 30 de vol à essayer de claquer un score à Super Mario, mais mon voisin chinois a eu un petit sourire quant il a vu que je ne dépassais pas les 3000 points alors que son compteur affichait 350000..Je me suis retrouvé à coté d'une nîmoise plutôt bavarde qui partait rejoindre son copain en Australie.
Arrivée à Singapour, au fameux Changi Airport. Sols moquettés, petite musique d'ambiance, air conditionné, ça a l'air plutôt sympa. Je décide d'entrée de jeu de faire le tour de la ville en bus. Les formalités douanières réglées, on sort de l'aéroport, 30°C à l'ombre, et encore il est que 9 heures du mat, et climat très humide ; je commence à sentir sec, d'ailleurs personne ne s'assied à coté de moi dans le bus.. c'est un signe. La ville est vraiment jolie : les espaces verts sont nombreux et côtoient les grands buildings parmi les plus hauts du monde, le tout au bord de la mer de Chine. Je sympathise avec un anglais qui me paye à manger le midi dans un resto chinois local, avant d'aller dormir ( « comater » serait plus approprié ) un peu dans un parc. De retour à l'aéroport, les douaniers locaux décident de s'attarder un peu sur mon cas : je ne sais pas ce qu'il a exactement mais mon boarding pass obtenu à Paris n'a pas l'air de leur plaire. En plus ils ont un accent anglais pas possible, et je commence à vraiment être crevé. Finalement au bout d'une heure de négociation avec un abruti, ils me laissent rentrer. Ouf ! Je rentre donc prendre une douche bien méritée offerte gracieusement par la compagnie. J'attends enfin mon dernier vol en dormant difficilement quelques minutes par ci par la.
21 heures 05 décollage de Singapour, destination Christchurch, New-Zealand. Et rebelotte 10 heures d'avion, avec lever du soleil inoubliable sur Sydney, et vue imprenable sur les Southern Alps peu avant l'atterrissage. Arrivée 10 heures 40, heure locale, une cinquantaine d'heures que je suis parti, sans vraiment dormir. J'ai une tête à faire peur et des belles valises sous les yeux, mais heureux d'y être, enfin. Rebelotte pour les formalités douanières : on a contrôlé 3 fois mon visa à l'arrivée et fait renifler mes bagages par le chien-chien à son douanier, poser quelques questions en anglais avant de me laisser libre. Je retrouve le taxi qui m'attend. « You are Mr Bailly ? Fine ! »



Commentaires