Costa Rica, Partie I. Jaco

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Playa Hermosa 

 

4h du matin à Toronto, l’heure de se lever pour aller prendre notre vol un peu plus tard à Pearson. L’inconvénient des billets d’avion pas chers sont les horaires auxquels les avions décollent et atterrissent, à méditer pour plus tard. Les yeux sont collés, mais on a hâte que ça commence et aussi que ça se termine : expédier les heures interminables d’avion, douanes, bus, navettes, taxis,.. pour rentrer dans l’aventure Costa Rica. Quand je dis "nous" je parle de ma sœur Mathilde et moi pour ceux qui ne suivent pas.

L’atterrissage à San José, la capitale du Costa Rica se fait sous un temps exécrable. En effet, comme je l’ai appris il ya quelques semaines seulement, la saison d’été de l’hémisphère nord correspond là-bas à la saison des pluies. Ben oui ! Sur le coup j’ai un peu paniqué, question saison des pluies en été pas besoin d’aller jusqu’au Costa Rica, au nord d’une ligne Strasbourg-Nantes suffit largement. Et qui dit saison des pluies dit moustiques, ce que ma sœur m’a fait remarqué après une visite chez le médecin : le paludisme est présent à peu près partout au Costa Rica, mais dans une version inoffensive, traduisez 3 mois cloué au lit avec 40 de fièvre, mais normalement vous n’y rester pas. Heureusement ces appréhensions avant le voyage se sont vite dissipées une fois sur place.

 

Aéroport de San Jose donc. On récupère nos sacs tout en sympathisant avec une canadienne pour partager le taxi afin de se rendre en ville. A peine les portes automatiques ouvertes que c’est la ruée, 20 chauffeurs en tout genre crient pour essayer de vous persuader de monter dans leur véhicule. Après de légères négociations de ma part –sans parler espagnol les tarifs augment de 100%-, on atterrit à la gare routière qui dessert Jaco, une station balnéaire au bord du Pacifique, notre première destination. Son nom : la gare Coca Cola !! On m’a fait remarquer très justement que plus un pays est pauvre et plus les enseignes Coca Cola sont nombreuses.

Le quartier dans lequel se trouve la gare a très mauvaise réputation, une femme m’indique gentiment de ranger la chaîne en or que je porte autour du cou, histoire de ne pas avoir d’ennuis avec les locaux. San Jose ne nous a pas fait grande impression, pour le peu de temps que nous y sommes restés, malgré les volcans et montagnes environnant la ville.

On monte dans le bus, qui est complet, et il se trouve que nous sommes les deux seuls occidentaux. J’ai lu que la population du Costa Rica descendait majoritairement des colons espagnols mais à en juger à la couleur de peau des locaux, beaucoup plus foncée que ce qu’on trouve en Europe, ils doivent avoir pas mal de sang amérindien qui coule dans leur veines. La route qui mène à Jaco traverse les volcans des plaines centrales avant de rejoindre quelques 4 heures plus tard la côte pacifique. Elle est digne des plus escarpées que j’aie rencontrées, aussi bien en Corse ou sur l’île de la Réunion. Le chauffeur conduit comme un malade, cela va de soi. On vérifie à chaque arrêt que nos sacs ne soient pas « accidentellement » tombés du bus. La nuit se couche tôt sous les tropiques, à 6 heures on aperçoit déjà plus que les points lumineux au loin dans les montagnes qui s’effacent. On descend au centre ville de Jaco, qui sent bon la station balnéaire, et on file en taxi jusqu’à notre auberge. Uwe, un allemand avec des yeux de drogué paye le taxi et nous donne une chambre double pour le prix d’une simple. Bonne nuit les petits.

 

Le jour se lève, c’est toujours excitant d’arriver dans un nouvel endroit la nuit et de se réveiller le matin, sans avoir aucune idée d’où l’on a atterrit la veille. Il se trouve qu’on est juste à côté de la plage, Playa Jaco. Le ciel est gris, la marée est basse, les vagues sont pas terribles, de l’eau marron, personne sur l’immense plage. Eh ben ! Qu’est ce qu’on est venu faire ici déjà ?? J’essaie de rassurer ma sœur à qui j’avais vendu le Costa Rica comme un paradis de surfeur, avec des plages d’eau turquoises, des vagues parfaites sans personne à l’eau, des singes au bord de la plage.. elle se retrouve ici à se demander si elle ne va pas en plus se choper le palu en pleine saison des pluies.. à cause de moi. D’où sa petite vanne qu’elle me lance quand on galère « Merci Mathieu ! » De rien, c’est mon plaisir !

Du coup on part à la recherche de planches de surf l’après-midi, car on n’est pas venu ici pour acheter du terrain, on est venu pour surfer !! On passe l’après midi à jouer à un jeu étrange aux règles sous entendues. Le but est de trouver les meilleures planches au meilleur prix possible. Il y a 6 surf-shops dans la ville. On les fait tous, un par un, pour voir un peu le matos qu’ils ont. Le jeu commence quand vous voulez acheter les planches dans des surf-shops différents, sachant que tout le monde vous a repéré en train d’arpenter la rue principale de la ville.. On finalement tout acheté dans des shops différents avec des stratégies débiles pour ne pas que les mecs nous repère..

Le premier soir on fait la connaissance d’amis voyageurs comme nous, il y a un australien, un allemand Christian et un gallois Deri. Ces deux derniers parlent parfaitement le français, au plus grand plaisir de ma sœur, qui stressait un peu de parler ni anglais ni espagnol. On a sympathisé autour d’un casados, le repas local, constitué de riz, d’une viande au choix, d’haricots noirs,  de bananes frites, et d’une salade. C’est copieux et pas cher, le repas du baroudeur-surfeur quoi ! Pour la bière la marque locale est Imperial -à prononcer avec l’accent- plutôt pas mauvaise à mon gout. 

Les informations concernant les vagues et le spot collectées la veille indiquent que le surf est possible à marée haute seulement, l’après midi ces jours-ci. La plage se transforme littéralement au cours des heures de la journée, passant de Berk plage à un spot de surf nickel. Pour ma première session les vagues sont impressionnantes, un bon 2m à la série. Mais c’est lorsque j’aperçois deux ailerons à peine plus loin que je commence à m’inquiéter. Même si le Costa Rica n’est pas une destination à requins à proprement parlé il y en a toujours pas mal qui trainent dans le coin. L’île de Coco au large de la côte est même un sanctuaire de requins. En fait ce ne sont pas des requins que j’ai vu mais une raie Manta. C’est Daniel, un Costa ricain bossant à l’auberge et surfeur également qui me donne le fin mot de l’histoire. Il y a des raies partout à Jaco, on les voit même sauter hors de l’eau quand on attend les vagues. Elles ont deux ailerons, et elles piquent. Apparemment la piqure est très très douloureuse, parole de Ticos. « Ca fait dou mal » comme dirait Daniel. Au bord c’est encore plus impressionnant car on voit les raies dans la vague.. Mathilde n’a pas trop apprécié.. Mais en dehors des raies le spot est excellent, pas trop de monde à l’eau et des vagues magnifiques qui déroulent bien, des locaux plutôt cool, et beaucoup d’américains.  

Après la session, repos du guerrier dans la piscine de l’auberge, d’où l’on peut admirer nombre d’espèces animales rien qu’en regardant dans les arbres : toucans, écureuils, iguanes, oiseaux,... Un matin on a même retrouvé un basilic, croisement entre un dinosaure et un iguane, qui était coincé à côté de la piscine. En règle général le ciel commence à se couvrir en fin d’après-midi et il se met à pleuvoir, enfin j’écris pleuvoir mais ça ressemble plus à la mousson asiatique qu’au crachin breton, il tombe des seaux d’eau. Et des fois il y a en bonus des énormes orages, dont celui qui m’a sorti de l’eau un après-midi, il a commencé à pleuvoir si fort que je voyais même plus les surfeurs à côté de moi, les éclairs zébrant le ciel, le tonnerre, la houle qui grossit, les raies et les requins.. l’apocalypse !! Je suis sorti de l’eau en courant..

On a donc passé quelques jours à Playa Jaco, vivant la Pura Vida, tranquillou, entre surf et piscine, casados et bières, et soirées à l’auberge.

Mais hélas, la loi du voyageur fait qu’il nous faut quitter Jaco, notre prochaine destination étant le Parc National Manuel Antonio.

 

Notre itinéraire en rouge. Minuscule!

Publié dans Costa Rica 2008

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