The Abel Tasman National Park

Publié le par Matt25

Encore un week-end de malade, et encore un lundi où je ne suis pas aller bosser.. je vous explique pourquoi.

 

Tout commence samedi matin. J’ai rendez-vous avec Tobi, mon pote allemand, au « car rental » le plus proche pour essayer de trouver une voiture. La dame nous explique que c’est moins cher pour trois jours que pour deux, grâce à l’option kilométrage illimité. C’est parti donc pour trois jours. Il va falloir annoncer ça à Kerstin, car à priori elle ne peut pas se libérer jusqu’à  lundi à cause de son boulot. On passe devant chez elle, l’explication tourne rapidement au vinaigre, je me fais copieusement insulté en allemand, et finalement elle débarque de la voiture, direction la maison. Nous voilà donc plus que deux, les Pioneers, avec 3 jours devant nous. A l’unanimité, on part vers le Nord, Nelson plus exactement, à l’Abel Tasman Park, comme le nom de l’explorateur néerlandais, qui a accosté dans le coin en 1642.

On y arrive en fin d’après-midi, après avoir traversé l’île par Lewis Pass, grand soleil, montagnes enneigées, .. L’expérience de la conduite à gauche et de la boîte de vitesse automatique est vraiment agréable, mais seulement quand je suis au volant. Mon ami germanique s’y est essayé, premier virage à 130, je me dis qu’il maîtrise, en fait pas du tout, on a failli se tuer. Une conduite à base de coups de frein et de coups de volant.. le tout sur la glace. Comment dire.. spéciale et dangereuse quoi. Enfin on arrive en un seul morceau et la voiture aussi ( si on se crash on est bon pour la tôle ), sur la plage de Nelson. Eau à 11 degrés et les petits kiwis qui se baignent.. quelques renseignements plus tard, on passe la nuit dans un backpacker où je retrouve encore des français, décidément..

Pour le lendemain, Tobi a quelques bonnes idées derrière la tête. Le plan qu’il me propose est de faire un « two-days unguided kayak trip » à travers le parc. Eh ben l’allemand, il est pas là pour acheter du terrain !! Avec une nuit dans un « hut » dans la forêt, une sorte de refuge. Waouhh ! Excellent, le programme me convient parfaitement.

 

Réveil le lendemain tôt et conduite ( je prends le volant !!) jusqu’à Marahau, au bord de la Tasman Sea. Ca fait du bien de prendre le soleil, et il fait à peine moins froid qu’à la maison. On arpente les  loueurs de bateaux, mais les kiwis ont le sens du commerce, ils veulent nous refiler un guide et tout le tralala pour le double du prix. Pas question, le quatrième loueur sera le bon. Pas besoin de guide, je suis un professionnel de la mer, oui bon ben de la montagne, c’est pareil. On a un superbe kayak deux places, on passe une heure à charger tout le matériel pour les deux jours. Trousse de secours, fusée de détresse ARGOS, pompe si le bateau coule,.. c’est assez comique. Le kiwi nous rappelle qu’il ne faut surtout pas chavirer car avec l’eau à 9°C, tout peut aller très vite, et que si on a un problème, personne ne viendra nous chercher.. Pour le bon côté des choses, il y a des phoques, des otaries et des dauphins dans le parc, et c’est la meilleure saison pour les observer. C’est parti, Tobi à l’arrière, il a la direction, et moi à l’avant avec les pagaies. C’est magnifique, on pagaie d’île en île, plages de sable fin, eau bleu turquoise, on se croirait dans les caraïbes avec les montagnes enneigées en plus en toile de fond. La seule différence est la température extérieure, une dizaine de degrés tout au plus. On pagaie à la recherche des phoques, notre obstination. On mange sur la plage, en compagnie d’oiseaux-pingouins blancs et noirs. On verra les phoques en fin d’après-midi, sur une petite île. Rien ne bouge lorsqu’on arrive. On s’apprête à partir lorsqu’ un rocher un peu sombre lève la tête, ils sont là !! Le rocher en question se dandine et se glisse dans l’eau, puis un autre vient le rejoindre. Des jeunes, ils veulent s’amuser, ils s’approchent, tâte un peu le terrain, prennent confiance et nagent autour de nous, c’est incroyable. Ils sont super mignons, font des cabrioles dans l’eau, avec l’eau transparente on les voit nager sous le bateau, .. excellent. On passe une bonne demi-heure avec eux, mais il commence à faire nuit et le refuge n’est pas si près. Environ 13 km de kayak depuis le départ. On galère pour trouver la bonne plage, après deux accostages infructueux, obligés de réembarquer, on arrive à Bark Bay, il fait nuit et sacrément froid. Un peu l’impression de découvrir l’Amérique. On pose le kayak sur la plage, toutes nos affaires sont trempées et je n’ai pas de rechange aïe aïe aïe. On débarque au refuge, ou plutôt à la cabane, après 15 minutes de marche dans la jungle la nuit. Journée bien sportive. Les gens hallucinent de nous voir débarquer avec le gilet de sauvetage et la jupette des kayakistes. Il y a une dizaine de personnes, et c’est très rustique. Pas de courant, un petit chauffage, 4 murs, un toit et une planche pour dormir. Les même français sont encore là. J’apprends qu’ils une histoire intéressante, ils bossaient les 4 chez Jules, les vêtements, et ont démissionné pour faire le tour du monde. Plutôt courageux. Ils arrivent d’Inde et repartent pour l’Amérique du Sud. Ca fait rêver.. Les étoiles sont encore plus nombreuses ce soir qu’à Queenstown, avec un grand trait laiteux en diagonale dans le ciel, notre bonne vieille galaxie. C’est la première fois que je la vois.

 

Lever ce matin avec le soleil, après une nuit très fraîche dans un sac de couchage humide. On décide de marcher un peu vers des chutes d’eau plus haut dans la forêt. La forêt s’éveille en même temps que notre passage. Du silence émerge le chant des oiseaux à ne plus s’entendre parler. Il y a de la vie ici, pas de doute. Des oiseaux de toutes les couleurs et de toutes les formes. La ballade nous offre une vue imprenable sur Bark Bay, qui est en fait un estuaire, qui se rempli lentement avec la marée montante. Des grosses anguilles et pas mal de poissons y ont élu domicile. On reprend le kayak sur la plage, il est 10 heures du matin et le vent s’est levé. La journée s’annonce encore plus dure pour mes épaules avec ce vent et ces vagues. Direction Tonga Island, une réserve naturelle marine, avec la plus grosse colonie de phoques et d’otaries du parc. Après une heure de pagaie, on y arrive enfin. C’est simple, on trouve des phoques partout. Ils font un vrai boucan, certains se battent, d’autres lézardent au soleil, et comme hier, les jeunes viennent jouer avec nous. Et vas-y que je fais des pirouettes, passe et repasse sous le bateau, me gratte la tête, nage sur le dos, sur le ventre,.. un vrai spectacle !! On est aux anges, c’est le paradis ici. Malheureusement l’heure tourne, le retour est difficile, vent et vagues de face, on avance rien. J’ai plus de bras et Tobi pagaie une fois sur deux. Je commence à me demander si on va arriver à revenir. Finalement oui, avec une bonne heure de retard, mais que ce fût laborieux.. Retour à Christchurch vers minuit, après 7 heures de conduite sur les routes kiwis à fond la caisse au son des Gentlemen and the far east band, du reggae allemand.

 

Quel week-end encore une fois, je commence vraiment à me demander si je vais pouvoir faire mieux. Les plages, l’eau bleu turquoise, les phoques, le refuge, les étoiles,.. des souvenirs pour toute une vie assurément.

 

Vivement le week-end prochain !


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Philippe 27/06/2006 18:31

Ce blog est une merveille : on dirait que tu écris tes émotions et tes impressions au moment où tu les vis. C'est génial et ça fait vraiment plaisir de lire tes aventures le soir en rentrant chez soi. Et le tout pimenté d'une pointe d'humour qui fait mouche. Continue, c'est passionant.