Tample Basin, the REAL kiwi skiing experience

Publié le par Matt25



Dernier week-end en NZ, je pensais rester tranquille chez moi pour commencer à préparer mes affaires, penser à Sydney, .. mais rien de tout ça n’est arrivé.

 

Vendredi soir, rendez-vous avec Anton et une de ses copines kiwies, Pénelope fraîchement débarquée du Canada, j’ai passée une super soirée dans un bar chic qui vendait du vin français à discuter de la façon dont le langage que l’on parle influence notre façon de penser.. à suivre..

Anton insiste pour que j’aille skier avec lui dimanche à Tample Basin. Le nom ne me dit rien du tout. Il parait que le forfait est gratuit car c’est l’ouverture de la saison, je finis par craquer, il passe me prendre dimanche matin 7 heures devant la maison. J’étais pas motivé à 100% pour retourner skier, je suis déjà aller à Munt Hutt, et je pensais en rester là. Rien que de repenser au matos..

 

Samedi, soirée à la maison, en effet je ne suis pas le seul à quitter la coloc’ cette semaine, Hana et Pavel, le couple de République Tchèque s’en vont aussi, ils partent en Inde. Soirée nostalgie donc, et cadeaux. J’ai reçu un magnifique caleçon avec une grande carte de la Nouvelle-Zélande dessus, inutile que je vous fasse un dessin.. apparemment ils ont repéré que je n’étais jamais là les week-ends, la carte est donc pour montrer à ma copine les endroits où je suis allé.. sans commentaires..

 

Dimanche matin, réveil difficile à cause du vin kiwi de hier soir qui me tape sur le cerveau. 7 heures, Anton est là, avec un de ses potes kiwi Louis, du Mexique. Direction Tample Basin, avec arrêt location matériel, où j’ai loué les mêmes daubes que la dernière fois. Je suis fou. Par chance, il fait grand soleil. Tample Basin est assez loin de Christchurch, 160 bornes, en deux heures de bagnole, avec un Anton en version « Rallye de Nouvelle-Zélande ».

Autant Mt Hutt ressemble à une station européenne en miniature, autant Tample Basin n’a pas d’équivalent chez nous. Les kiwis appellent ça la « clubbie experience », car la « station » est gérée par un club de ski. Pour vous donner une idée, ELF à côté c’est l’espace Killy.

Il y a 3 remonte-pentes, mais pas n’importe lesquels, des « skitows ». C’est assez comique. Ca consiste en un gros fil-neige, le même que l’on a à l’ESF pour les Piou-pious mais puissance mille. Le problème majeur est de s’accrocher à la corde pour se faire traîner jusqu’en haut de la pente. Pour ça les kiwis ont tout prévu, les skieurs portent des espèces de baudriers, avec un « nutcraker » à la ceinture. Littéralement un casse-noisettes. La technique semble simple, il faut rabattre le casse-noisette sur la corde, et serré fort jusqu’en haut. La réalité est plus complexe.

Le meilleur reste à venir lorsque j’ai demandé combien de temps il restait avant d’arriver. Anton me répond « Mmmm.. 1h de bagnole et une heure de marche. » _«  Euh, quoi ??!! de marche ?? faut marcher ???? »

Eh oui mon grand, ça serait pas drôle si il y avait une route pour monter.. Il faut se taper 1 heure de rando à pieds avec tout le matos sur le dos, pour monter de la vallée d’Arthur’s Pass jusqu’à la « station ». Je transpire à fond, j’arrive en haut je suis mort.

Il y a 3 skitows, mais pas de pistes, rien n’est damé bien sûr, on skie au milieu des coulées d’avalanches toutes bleues. En NZ, on skie sur de la neige bleue, pas blanche.

Le paysage est magnifique, montagnes et rain-forest à perte de vue. On paye finalement notre forfait ( c’était pas gratuit du tout ! ) et je loue mon nutcraker. Je ne vous dit pas la dégaine, on dirait que je vais escalader l’Everest, alors qu’en fait je vais juste prendre le téléski..

Le coin est superbe, il y a un skitow pour les débutants à droite, un pour les « intermediate » en face, qui relie vers un autre pour les « advanced ».

C’est parti, essayons. Anton manque son coup deux fois avant de réussir à monter, c’est à moi. J’attrape la corde, qui va super-vite, galère comme un malade pour sortir mon nutcraker, le passer dessous et le rabattre, encore un effort, il faut le fermer, ça y est, du premier coup ! Mais c’est vraiment la lutte ! Et pas trop le droit à l’erreur, si votre doigt passe sous la poulie du « pylône », qui n’est qu’à quelques centimètres, je ne donne pas cher de votre main.

Une fois en haut il faut re-marcher pour atteindre le second skitow. Je galère cinq fois avant de monter, et bousille mes gants par la même occasion. En haut du domaine, il faut traverser et ENCORE  marcher, pour atteindre un petit sommet. La vue est superbe, on va descendre dans un espèce de grand vallon, pas de traces.. malheureusement la neige n’est pas terrible, le maillon faible de cette journée, car toute croûtée, je tourne en pas-tournants, ni vu ni connu. On s’enfonce dans des lits de rivières naturelles, en hors piste, ( de toute façons il n’y a pas de piste évidemment ), magique.

La journée est passée vite, on redescend à pied le soir, presque sous la pluie, mais en laissant les skis à un vieux téléphérique.. et après avoir virer les gros perroquets qui essayaient de les manger.. des Keas verts et oranges sous les ailes, crazy country..

 

On s’arrête le soir en rentrant dans un « fish and chips », où tous les kiwis qui skiaient se retrouvent, ambiance bonne enfant avec karaoké et bières.

La vie est belle en NZ, c’est moi qui vous le dit.

Du coup on a loupé le magasin de location, déjà fermé, Anton a donc dû ramener les skis lundi matin, je ne sais pas comment le remercier.

 

Une journée où j’ai pu découvrir une autre façon de vivre le ski, un truc de passionnés, loin des stations bruyantes d’Europe. Ici il faut avoir la foi.

La station est née il y a presque 75 ans maintenant, et fonctionne toujours avec les mêmes remonte-pentes, c’est incroyable.

La marche pour monter, le nutcraker, ce domaine hors-piste fabuleux,.. je n’oublierai pas que le ski en NZ, c’est comme ça, mais malheureusement c’est en train de changer.

J’espère juste que si je reviens à Tample Basin dans 20 ans, je ne trouverai pas une 4 voies pour y accéder et un six places flambant neuf.

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