Retour sur Bali

Publié le par Matt25

Bali est une petite île de l’archipel indonésien, la plus connue et la plus touristique. Les australiens y venaient en masse, leur côte d’azur, pour la vie pas chère, le surf, la proximité, les plages..

Beaucoup moins vrai maintenant, après les attentats ( plus de deux cents morts à Kuta en 2002, dont une grosse partie d’australiens ).

Bali signifie « l’île bénie des dieux » en indo, c’est dire. C’est vrai que c’est un petit bout de paradis. Pendant la saison sèche le climat est d’une régularité incroyable, du soleil tous les jours, pas une seule goutte de pluie, des nuits fraîches pour dormir, pas trop humide, pas de moustiques, pas de bêtes dangereuses en général. L’océan à 23 degrés, des vagues tous les jours. A Bali on surfe 365 jours par an. Des gauches sur le Sud pendant la saison sèche ( Uluwatu, Impossibles,..) , vent off-shore et vagues garanties, et des droites sur l’Est pendant la saison des pluies, même conditions parfaites.

J’ai passé ma première semaine dans un surfcamp, booké sur internet. Hamacs, grands jardins, et des esclaves indonésiennes à votre service, j’étais mal à l’aise. La deuxième semaine était différente, j’ai vécu chez « Mama Ketut », une auberge familiale. Avec toute la smala indo, et un pêcheur surfer alcoolique australien, Robert. Robert pêche pendant 6 mois de l’année 23h par jour, et les 6 autres mois vient dépenser son argent en Bintang, la bière locale. Bourré H24, mais une rencontre intéressante tout de même.

Bali est une enclave hindouiste dans un pays, l’Indonésie, exclusivement musulman. Malgré cela, j’ai pu constaté que la femme faisait tout le boulot pendant que le mari jouait à la Playstation.

 

La façon dont les prénoms sont attribués aux enfants est tout à fait étonnante : le premier enfant est appelé Nyoman, le second Made, le troisième Oman, et le quatrième Ketut. Pour le cinquième on recommence.. Et c’est pareil dans toute l’île. Parfois jusqu’à 9 enfants par famille, je ne vous raconte pas le nombre de Made, Nyoman, Oman ou Ketut à la maison..

 

La langue indonésienne est un mélange de nombreuses autres, avec des traces de néerlandais ( colons jusque dans les années 45, date de l’indépendance ), de portugais, d’arabe, bref de tous les peuples qui ses ont arrêtés dans le coin. Pas de trace de français. Traduit littéralement, l’indonésien sonne comme du petit nègre, genre « moi y en a aller à la plage », grammaire et syntaxe on ne peut plus simple. A des années lumières de notre français villepinisé, et des phrases longues comme la gauche d’Uluwatu. D’ailleurs je me demande si la simplicité de cette langue n’influerait pas sur les capacités intellectuelles des indonésiens. Comment peut-on manier des concepts compliqués si le langage dans lequel on les exprime est trop simple ?

 

J’avais entendu beaucoup de choses sur les gens à Bali, voilà ce que j’y ai trouvé : les Balinais sont des gens adorables, les plus cools du monde ( la religion hindouiste est peaceful ), mais les relations avec les occidentaux sont totalement faussés par le rapport à l’argent. Je m’explique : la vie ne coûte rien ici, et quand j’écris rien c’est vraiment rien. Je paye moins de 3 euros la nuit et le petit dej’ dans un hôtel correct.. A ce prix en France je ne voyais même pas la couleur de l’oreiller. Le pouvoir d’achat d’un occidental ou d’un australien est tel que les balinais bavent devant notre porte-monnaie, et c’est normal.

La monnaie nationale est le Rupiahs, 1 euro vaut à peu près 12500 Rupiahs. J’avais des liasses de billets dans les mains, style je viens de me faire la banque, quand j’ai retiré 500 euros en cash, en billets de 50000 , comme au monopoly. L’anecdote est qu’il existe des pièces ( j’en ai une ! ) de 50 Rupiahs !!!! 50 Rupiahs équivaut à 0,0004 euros !!!!!!!!!! Des pièces de 0,0004 euros !!!! Le symbole du décalage.

De ce fossé découle les incessantes approches dans la rue «  Hey boss, tlanspolt ! », « Sunglasses, watch ! » Ils essayent de vous refourguer tout ce qu’il peuvent. Les balinaises vous retiennent les mains quand vous marcher dans la rue, pas d’ascenseur social ici, le seul espoir est de marier un occidental.

Tout se paye et tout se monnaye. Tous les moyens sont bons pour vous tirer un peu d’argent : massages, transport, ice creams, sarbacanes, arcs et flèches, .. qui veut que je lui ramène une belle sarbacane de Bali pour chasser la truite??

Ainsi il est impossible que les gens soient honnêtes avec vous, tous les balinais et encore pire les balinaises, voient en vous qu’un gros billet. Et encore une fois, à leur place je ferais pareil, même pire.

 

Il existe trois sphères dans l’hindouisme balinais, le ciel qui représente le Bien, la mer qui représente le Mal, et la Terre où vivent les hommes, coincés entre les deux. D’où l’explication des centaines de cerfs-volants que les balinais laissent voguer dans le ciel : le but est de ramener le Bien sur Terre. Poétique. De même, les Dieux sont nourris par des offrandes quotidiennes, faites de plantes, voir même de nourriture, et de l’encens est brûlé pour les apaiser. Voilà pour le côté spirituel de l’île.

 

Les perspectives pour le futur de Bali : tous les terrains de la Bukit Peninsula, où se trouvent les principaux spots de surf sont déjà tous vendus. Le changement est total depuis vingt ans. Un tonton surfer français m’expliquait qu’il y a vingt ans seuls quelques rares paysans miséreux tentaient de survivre. Aujourd’hui un golf 18 trous se construit sur la plage de Dreamland, expulsant les derniers paysans. Les projets immobiliers sont innombrables, le prix des terres s’envole. Dans moins de dix ans, la côte balinaise sera devenue Hawaii. Il faudra alors pousser l’aventure un peu plus loin sur les innombrables autres îles de l’archipel pour voir le sourire pas encore corrompu d’une petite Niluh.

Publié dans Bali 2006

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