Western Australia, Part III- Kalbarri, Monckey Mia, Coral Bay

Publié le par Matt25

 

 


Alors nous voilà  parti en ce lundi matin, moi au volant de “Petit oiseau”, comme on a baptisé notre Toyota Corrola, et Erika en co-pilote : « _Attention mon chéri, pas de virage à deux cent mètres !! »

Premier arrêt au désert des Pinnacles, avec trois cent respectables kilomètres au compteur. Le désert des Pinnacles consiste en une poignée de kilomètres carrés de sable très jaune ponctué de roches éparpillées un peu partout. Ma description n’est pas des plus claires j’en convient, regardez plutôt les photos, c’est plus parlant. Bref, c’est très beau, très inattendu au milieu du « bush » australien, faits de buissons très ras-les-paquerettes. Le sable contraste avec le bush et le bleu de l’Océan. A noter la présence de dunes de sable, au sommet desquelles on aurait pu planter le drapeau canadien ou français tellement cet endroit semble perdu. On remonte dans « Petit oiseau », ce nom me fais penser à la chanson de Gad Elmaleh « Oh Petit Oiseau tu peux pas voler, .. mais tu peux marcheeeeeeeeerrrrrrrrrrrr !! ». Bref. On déjeune à Hangover Bay, jolie plage sous les dunes, ‘hangover’ en anglais signifie littéralement ‘geule de bois’, ou ‘tête dans le c*$’, plutôt curieux donc.
On s’arrête à une station service au milieu de rien, genre 300 km au Sud et 300 km au Nord il n’y a rien, rien de rien Je demande par hasard à la dame qui nous sert si il y a quelques kangourous dans le coin. Aleluhia, qu’est ce que j’avais pas dit. Cette dame est aux kangourous ce que le commandant Cousteau est aux sardines, le boss. Elle les nourrit, les soigne dans son jardin, les dorlotte. C’est presque pathologique. On verra quatre kangourous, buvant ou mangeant tranquillou. Elle nous raconte comment parfois elle remplace la mère kangourou pour élever les petits ‘joeys’ (bébés kangourous), c’est assez impressionnant !
Re Petit Oiseau pour atterrir finalement le soir à Geraldton, le point exact où Erika et moi décidons d’améliorer notre quotidien de campeur, en profitant des barbecues gratuits qui jonchent toutes les plages d’Australie. Donc gros changement en perspective, fini le beurre de cacahuète trois fois par jour. On passe la nuit à Kalbarri, avec encore quelques centaines de km, en camping sauvage au bord de la plage. On découvre au petit matin que l’endroit qui nous paraissait bien caché la veille sévère être en fait en plein milieu du bourg ! On décampe illico, il parait que les Rangers font des rondes le matin pour traquer les campeurs criminels comme nous. Un coup à prendre 20 ans fermes dans le coin.

 

En route pour les gorges du Kalbarri National Park sur la Murchson River, pas très en forme en ce début d’automne. L’Australie souffre de la sécheresse, il parait qu’à l’intérieur des terres, ils n’ont pas vu de vraies pluies depuis sept ans. Il y a deux gorges, on choisit de visiter ‘The Loop’, où on peux apercevoir une sorte de fenêtre naturelle à travers la roche, celle-là même qui inspire une petite méditation à Erika. Le paysage est vaste, l’effet Australie joue à fond.

On poursuit vers le Nord, on sent la chaleur et le soleil bien présent. On s’arrête pour voir les stromatolites, ces roches au bord de la mer abritent les formes de vie les plus primitives, apparues sur Terre il y a plus de 4 milliards d’années. Cet endroit est un des rares sur la planète où ces cyanobactéries sont encore présentes. Décidément, en plus de voyager dans l’espace, on remonte le temps. On fait une courte pause à Shell Beach, une plage entièrement constituée de coquillages, d’une profondeur qui peut atteindre jusqu’à dix mètres !! On se croirait sur la lune, tout est si grand, si calme, on est tout seul !! Le deux derniers arrêts avant notre destination finale du jour sont Eagles Bluff, un point de vue sur la côte, où il est possible de distinguer avec un peu de chance les ombres dans l’eau un peu plus bas des requins-baleines et autres dauphins. Pas de chance on a rien vu ! Enfin, nous voilà arrivé à Monckey Mia, station balnéaire ultra-connue pour sa communauté de dauphins plus qu’amicaux avec les humains. D’ailleurs, à peine arrivé qu’on va se mettre à l’eau, on est seul, à 17 heures personne ne se baigne, et là surprise, qui c’est qui vient nous rejoindre ?? L’ami Flipper, qui vient nager à côté de nous, tranquillou la vie est belle !! WOW on n’en revient pas !! Ca c’est fait !

 

On aura l’occasion de voir toute la tribu le lendemain matin, ils viennent pour 7h30 précises, pour le ptit dej’ en quelque sorte !! Ils sont une vingtaine, toute la famille, Papa Dauphin, Maman Dauphin, Bébé Dauphin,.. les Rangers locaux les connaissent par cœur, bien qu’ils soient encore  à l’état sauvage. Ils ont chacun un petit nom, et au fur et à mesure qu’ils viennent nous caresser les doigts de pieds tout au bord de l’eau (je vous jure !!), on a droit à l’histoire de toute la famille, et des combats avec les requins. Ambiance conviviale sur la plage, on prend quelques photos. On craque pour les bébés dauphins, qui suivent la mère et jouent à faire des galipettes entre frères et sœur. Que d’images dans la tête. Le soleil se lève, la journée est parfaite, l’eau est d’un bleu turquoise incroyable. On prend le soleil en attendant que les dauphins reviennent et on regarde les gros pélicans se nourrirent sur la plage. On aura la chance de nager avec deux autres dauphins au cours de la journée, ils nous ont rejoint alors qu’on se baignait. WOW, quel pays ! Malheureusement, on doit quitter ce petit bout de paradis, que dis-je, ce paradis, le lendemain matin. Ca n’a pas été facile de partir !

 

Cap sur Coral Bay, dernière destination phare du trip. Coral Bay est une petite station le long de la côte, au large de laquelle on peut trouver le Ningaloo Reef, une barrière de corail, minuscule par rapport à la vraie, la Grande Barrière sur la côte Est, mais néanmoins d’une taille respectable, un truc comme 300 km de long. Le sport national à Coral bay c’est le snorkelling, comprenez la plongée avec palmes et tuba, pour admirer les fonds marins à quelques centaines de mètres de la côte seulement. Et bien on s’atèle à la tâche, palmes et tuba en place. Effectivement ça grouille de poisson, on croisera même une tortue, sympa ! J’apprends à jouer au poker le soir avec Rasmus, un allemand qui traverse le pays au volant d’une voiture de 1975.

 

Le lendemain les choses sérieuses commencent. On a réservé nos places sur un bateau pour aller nager avec les raies mantas !! Si si !! Alors une raie manta c’est quoi ? Ben c’est un gros truc bizarre, on dirait que ça vole dans l’eau, tout le monde en a déjà vu dans les émissions sur les animaux le dimanche après-midi ou dans Thalassa. Oui mais seulement, celles que l’on va voir sont énormes, jusqu’à 5 mètres d’envergure !! 5 mètres !! Ils les repère par avion pou r vous donner une idée.

Alors nous voilà parti, aujourd’hui il fait grand beau, le mot turquoise n’a jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui, c’est du jamais vu. On croise des dauphins et des tortues sur le chemin, pour finalement jeter l’encre au milieu du lagon, here we are. Effectivement, on peut voir deux énormes masses sombres se balader à côté du bateau. Aller, tout le monde à l’eau. On enfile palmes, masque et tuba, et c’est parti. Pas besoin de chercher beaucoup, les deux raies sont là, noires, impressionnantes, énormes. La plus grosse doit bien faire 4m. Elles me font penser au vaisseau de Dark Vador dans La guerre des Etoiles. Elles sont tranquillou, rythme de croisière, à environ 7 mètres de profondeur, près du fond. On tente quelques plongées pour s’approcher, pas facile, c’est profond. Mais quelle grâce ! Inoubliable.

On finit le tour en bateau par plonger sur un endroit spécial du reef, plus joli. On croise deux requins, des reef sharks, entre 1m et 1m50, inoffensifs normalement, mais quand même !! A la première vue du requin j’ai failli avoir une crise cardiaque, « PUTAIN UN REQUIN !!!!!! » « MERDE, ILS SONT DEUX !!!!! ». Ils étaient deux à chasser le poisson, heureusement pas le snorkelleur !! On quitte Coral Bay des images plein les yeux, magique.

 

On fait 300 km le soir pour redescendre dans le Sud, déjà, on barbecute à Geraldton. Fatigué, on trouve un parc pour passer la nuit tranquille, on rigole de voir la grosse pancarte « No camping » à l’entrée du parc. Qui va venir nous trouver ici ?? Ca nous fait bien marrer, on prend même quelques photos, fiers de nous. On plante la tente, morts de fatigue on se couche, les yeux se ferment aussitôt. Soudain à minuit et demi : « POLICE ! SORTEZ DE LA TENTE ! » Hein quoi qu’est ce qui se passe ??? Moi qui était encore en train de rêver des raies mantas de l’après midi, voilà la police qui débarque. Re-crise cardiaque. On sort. Ils nous expliquent que tatati tatata on dois décamper au plus vite et s’estimer heureux de pas choper d’amende. Alors nous voilà à une heure du mat, en pleine cambrousse australienne à re-chercher un coin pour re-planter la tente. On se mettra finalement au bord de la route !

Vendredi dernier jour, on conduit jusqu’à Perth, 800 km plus bas, pour aller prendre l’avion le samedi après un peu de temps passé avec Meg et les ami(e)s canadien(n)es d’Erika.

 

Voilà, je crois que j’ai à peu près tout raconté, deux semaines en Western Australia, 3000 km pour le dernier trip, de quoi avoir le vertige. C’était court, mais bien. Oui, c’était bien.

 

On est actuellement à Sydney, à la maison pour moi, on a trouvé un nouvel appart, et Erika un job. On attend plus qu’une chose, repartir.

 

 

 

Merci :

 

à ma chérie, Erika, qui dort juste à côté pendant que j’écris ces lignes,

à Marie, la pionnière, pour ses good connections, et le goût qu’elle m’a donné de voyager en WA,

à Nicolee et Tom Cullity, leur hospitalité nous a fait chaud au cœur, merci infiniment, on oubliera pas,

à Meg, pour avoir squatté son appart, partagé ses repas, ses potes,.. see ya in Canada !

à Lucie, pour son soutien avant le départ ;-),

et à tous les autres dont j’ai croisé le chemin pendant ces deux semaines : Rasmus, Andrew, Sam,.. Merci à tous.

 

Et Merci à vous qui lisez ces lignes. Bisous à tous.. d’Australie.

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Commenter cet article

marine 08/06/2007 07:32

j'oubliais...
si a tout hasard tu veux un jour oublier les nanocomposites, lancent toi dans le journalisme de voyage. t'auras au moins une lectrice!

marine 08/06/2007 07:23

je me lasse pas de tes articles!! bon ba du coup j'ai plus besoin de venir vous voir, je connais deja tout sur votre voyage. ;)
epatant en tout cas et bien bien marrant : j'entends d'ici le "PUTAIN UN REQUIN" enchaine par un "OH MERDE YEN A DEUX!!!"
felicitation pour "ah petit oiseau si t'as pas d'ailes... ah tu peux pas voler..." il etait bien place, j'en ai meme pleure. ouais faut pas gd chose.
bon et bien ma foi, ca me donne serieusement envie d'aller y faire un ptit tours en WA, meme si les raies matas et les requins seront a oublier du voyage. ils vont me prendre pour du plancton. et meme si papa-maman n'ont que preciser "pas de tatouages", je suis sur qu'ils seraient contents que je revienne avec 4membres.
Cya