Grèce, Partie I. Athènes.

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Wahou, plus d’un an que je n’avais pas écrit sur ce blog, une éternité ! Les raisons de cette absence étant principalement dues au fait qu’étudiant au Canada, j’utilise mes vacances pour rentrer à la maison, et très peu pour voyager. Exception faite cet hiver puisque j’ai eu droit à un exceptionnel bon de sortie pour passer les mois les plus rudes de l’année (surtout au Canada..) en Suisse, au bord du lac Léman, je sais, ça fait rêver. Et donc oh miracle j’ai réussi à trouver dix jours pour partir en Grèce avec ma chérie Erika, en vacances. La Grèce, je préviens tout de suite avant de commencer les choses sérieuses, pour les gens comme moi qui n’aiment pas trop « bronzé idiot »la Grèce c’est du gros dossier, du lourd, du très lourd même. Alors forcément oui je vais vous rabattre les oreilles avec quelques lignes sur la mythique Grèce Antique, qui est traitée maintenant au programme de sixième. Personnellement j’ai quelques vagues souvenirs de mes cours de prépa mais sinon je n’étais pas loin de partir de zéro avant ce voyage. Et c’est là que c’est intéressant, car même un blaireau comme moi qui fait trois heures d’avion pour se retrouver la face au soleil à Athènes retrouve des gens, des lieux, des notions familières. Ce qui m’a laissé penser que « tout a été inventé, un jour », notez ça, c’est de moi. Ben oui, tout. Absolument tout. Même les trucs les plus évidents aujourd’hui. 

 

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Donc nous voilà partis au départ de Genève, un des aéroports les plus misérables que la Terre n’ait jamais connue, les yeux plongés dans le guide, la Bible, pour essayer d’établir un plan d’attaque de la cité grecque. A l’approche de notre destination, on peut se rendre compte de la taille de la métropole, c’est immense, gigantesque, les bâtiments blancs s’étendent à perte du vue. Environ 4 millions de personnes vivent dans l’agglomération d’Athènes, et moins d’un million dans le vrai Athènes.

 

 

 

 

Arrivés en fin d’après-midi, on décide d’escalader le sommet local pour avoir une meilleure idée de la ville. L’équivalent de Tibidabo à Barcelone, Montmartre à Paris, Fourvière à Lyon, la CN Tower à Toronto, le Mont-Royal à Montréal, la Citadelle à Besançon, etc.. vous m’aurez compris, s’appelle le mont Lycabette. La vue y est superbe, dominant toute la mégalopole jusqu’à la mer. Magnifique point de vue sur l’acropole aperçue pour la première fois « wouah gad’ gad’c’est l’acropole !! ». Pour le premier soir on voulait attaquer fort, on cherchait un « bouzouki ». Quand on a demandé au mec de l’auberge de jeunesse où est-ce qu’on pourrait passer une soirée dans un bouzouki, ils nous a regardé intensivement et il a dit : « Vous êtes sûrs ?? » D’après lui on pouvait dépenser dans ses soirées très alcoolisées jusqu’à 10000 euros en.. fleurs pour ces dames. Personnellement 10000 euros ça me parait un brin excessif pour des fleurs, j’ai donc regardé Erika droit dans les yeux, et je lui ai dit « n’y pense même pas ». On s’est baladé dans Psiri, quartier où sont concentrés beaucoup de bars et de restos, ambiance détendue sur les terrasses, où on a pu gouter à nos premiers plats grecs : beaucoup de légumes, de la feta, et de l’huile d’olive, très très bon.

 

 

DSC01053.JPGLe lendemain, les choses sérieuses commencent. Direction le musée de l’Acropole, histoire de comprendre ce qui va suivre. Le musée est très récent (ouvert en juin 2009), dessiné par un architecte franco-suisse, l’ami Bernard Tschumi. Excellente d’idée d’avoir concilié une architecture moderne avec un impressionnant porte-à-faux, tout en conservant les ruines découvertes il y a une cinquantaine d’années des « pentes de l’Acropole », constituées des d’anciens quartiers formant une transition entre la ville et le rocher sacré. La montée vers le premier étage est consacrée aux vestiges retrouvés sur ces fameuses pentes, près de 700 pièces, décrivant notamment comment se passaient les cérémonies de mariage à l’époque, à travers des vases peints entre autres. Ceci n’est qu’une mise en bouche avant d’arriver au cœur du sujet.

 

 

Le musée paraît au premier abord légèrement surdimensionné, mais c’est en fait une volonté et un signe des autorités culturelles grecques, car si vous n’êtes pas au courant -attention ça va chauffer- il existe une légère inimitié entre les grecs et les anglais. La raison ? Un certain Lord Elgin qui au début du 19ième ne s’est pas embarrassé : le mec a piqué les plus belles pièces de la grande fresque du Parthénon pour les envoyer par collissimo au british museum, où elles sont toujours malgré les injonctions répétées des grecs. L’argument massue des anglais pour ne pas rendre les pièces était que la Grèce ne disposait pas d’un musée adéquat, mais maintenant que c’est chose faite, les grecs attendent toujours les pièces.. Nous français ne sommes pas non plus très bien placé pour critiquer puisque depuis que Napoléon a pillé l’Egypte nous n’avons rien rendu non plus. Bref, l’accent est mis sur chaque pièce de plâtre qui remplace l’original du british museum, et qui devrait être à Athènes. En dehors de ça, on comprend mieux à quoi ressemblait l’Acropole de l’Antiquité, qui a vu la première version de ses temples détruite par ces DSC01059.JPGsauvages de Perses en -480.

 

Heureusement, les grecs, malins, ont caché quelques œuvres rescapées dans des rochers, et on les a seulement retrouvé au 19ième. Un peu comme les manuscrits de la Mer Morte, comme quoi, quand on cherche on trouve ! Les temples ont alors été reconstruits sous Périclès, entre -447 et -405 (je vous donne les dates de tête) sous la direction du célèbre Phidias, le plus grand sculpteur de l’antiquité. C’est donc les ruines de la deuxième version que l’on observe aujourd’hui.

 

 

 

En tout l’acropole est constituée de plusieurs monuments : la porte Beulé, porte que l’on franchit en entrant sur le site, elle porte le nom d’un archéologue français, puis suivent les Propylées, escaliers « à la grecque » c'est-à-dire entourés de colonnes, ensuite sur la gauche on observe le temple d’Athéna, un peu plus loin le Parthénon et sur la gauche encore l’Erechthéion (pas facile à prononcer ça). Voilà pour le rocher en lui-même. Sacré rocher quand même. DSC01064Sur les contreforts on peut apercevoir deux théâtres, le théâtre de Dionysos, très mal en point, où ce sont joué notamment des pièces d’Aristophane (La Paix, très drôle pour les initiés, souvenirs de prépa) et l'odéon d'Hérode Atticus contruit par les romains un peu plus tard, et en bien meilleur état. Il est d'ailleurs toujours utilisé aujourd'hui pour quelques manifestations. Tous ces lieux sacrés sont liés à la mythologie grecque, comprenant l’ensemble des mythes de la Grèce Antique : les dieux, les déesses, les demi-dieux, les héros, et toutes les histoires qui leur sont associées. La comparaison des croyances des grecs de l’Antiquité au christianisme actuel est tout à fait saisissante : chez les grecs pas de révDSC01138.JPGélation (pas de prophètes, pas d’apparitions,..), les dieux sont TRES nombreux et sont aussi bons vivants que les hommes : ils font la guerre, pratiquent l’adultère,.. on ne s’ennuie pas une seconde au Mont Olympe. Plus belle la vie à côté c’est du pipi de chat, c’est vous dire. La plupart des sites ont une place importante dans la mythologie.

 

Quelques détails futiles à propos du Parthénon : les colonnes sont légèrement différentes les unes des autres pour palier aux effets d’optique et rendre l’ensemble plus élégant : les colonnes sont à peine inclinées vers l’intérieur, pour ne pas avoir l’impression qu’elles poussent du vide, elles sont galbées pour ne pas avoir l’impression que le milieu est plus étroit et enfin celles situées aux angles ont un diamètre supérieur pour ne pas paraître plus fluettes que leurs copines. Intéressant non ? Dernière anecdote, celle-ci un peu plus connue : le chemin qui fait le tour de l’Acropole est le Péripatos, qui a donné naissance aux péripatéticiennes, les professionnelles du chemin, hum.. en quelque sorte.. hum hum. A ne pas confondre non plus avec les péripatéticiens, qui sont eux les disciples d’Aristote, connus pour philosopher tout en se baladant.

 

En descendant du rocher on arrive à une petite plaine, où se trouve l’Agora, le véritable centre publique de la cité DSC01137.JPGantique. Aujourd’hui on peut y voir quelques ruines, à l’exception du temple d’Héphaïstos, encore très bien conservé. Mais rien à voir avec ce que c’était à l’époque. S’y trouvaient entre autres la Boulè une salle de conseil dont les 500 membres préparait le travail de l’assemblée (l’ecclesia) et le tholos, bâtiment circulaire. Bref, c’est là que se concentrait toutes les administrations, que les citoyens venaient y faire des affaires et commenter l’actualité politique, et même philosopher. La vue sur l’Acropole y est magnifique. On aperçoit à l’Ouest  un immense temple, flambant neuf à côté des ruines antiques, et pour cause, c’est une reconstitution des années 50 du Stoa d’Attale, qui date de -150, grâce aux financements du richissime Rockefeller. On y trouve le superbe musée de l’Agora, que je recommande tout particulièrement pour deux raisons : la qualité de ses œuvres, et la clarté de ses explications sur l’histoire de l’agora. En effet, il est parfois difficile de s’y retrouver entre la période de la Grèce antique et la période romaine, qui a également  apporté de nombreuses constructions.

 

Ce sera tout sur ce lieu symbolique, l’endroit où, au VIième siècle av JC, est né la démocratie, où les citoyens pouvaient exercer leurs droits à la Boulè et à l’ecclesia. Néanmoins, il est bon de rappeler que la citoyenneté grecque était interdite aux femmes, esclaves et étrangers, donc un début de démocratie seulement.

 

A part les endroits mythiques décrits plus hauts, quelques quartiers sont très sympas à visiter, notamment Plaka, plein de charme, fait de petites ruelles où on peut se perdre facilement, de restos, de terrasses à l’ombre des oliviers, mais aussi des souks à touristes, où l’on trouve des sacs Hermès (le dieu des commerçants et des.. voleurs) à 10 euros, endroits que j’apprécie un peu moins. A chaque coins de rue baignés par le soleil, on peut apercevoir au loin l’Acropole, et au premier plans les petits vieux qui font une partie de Backgammon. Sympa.

Publié dans Grèce 2010

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