Grèce, Partie II. Sifnos

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Finalement on aura passé moins de deux jours à Athènes, c’est peu me direz-vous, certes c’est peu, mais DSC01181bien assez pour des intellectuels comme nous et pour avoir une idée de la Grèce Antique. Maintenant place au « baroudage » !! Direction le port du Pirée, très tôt le matin, on est lundi. Pour vous donner une meilleure idée des dimensions mises en jeu, on nous recommandait d’arriver une heure avant le départ de notre bateau, le temps de trouver le bon quai et bon bateau. Une fois sur place, trouver les bateaux n’est pas le plus difficile, ils sont énormissimes, par contre faut juste trouver le bon. On paraissait minuscules à côté de ces bêtes des mers. En même temps, vu le nombre d’îles en Grèce (environ 120 habitées) et vu le nombre de touristes à déplacer en été, vaut mieux prévoir large. On a d’ailleurs largement entendu parler de la folie de Juillet-Aôut, quand des milliers de personnes viennent prendre le ferry chaque matin. Nous en Avril on est peinard, à peine quelques américaines en short-tongs-coups de soleil-casquette de l’université venues passer leur Spring Break au soleil. L’avantage de voyager hors-saison. Bref, nous voilà sur le bon ferry, en « route » pour l’île de Sifnos. Sifnos fait partie des Cyclades, un groupe d’une cinquantaine d’îles situées à l’est du continent grec, dans la mer Egée. Très populaires en été, les plus connues DSC01184.JPGétant bien sûr Mikonos et Santorin. D’ailleurs quand les japonais font l’Europe en trois jours, ils passent bien 2 heures à Santorin, preuve indiscutable de beauté. Dans le même genre ils font la Tour Eiffel (30 min), Interlaken (1 heure), le mur de Berlin (45 min),.. efficaces quoi. Sifnos est un peu moins connue et fréquentée, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on l’a choisie. Car pas facile de choisir entre toutes ces îles grecques sans connaître. Comment décider entre Sérifos, Milos, Kimolos, Antiparos, Délos, Tinos, Amorgos, et encore plein d’autres en « os » ?? Pas facile !! Finalement on a tranché, ce sera Sifnos. On a passé pas mal de temps de notre séjour à trouver des noms si jamais des nouvelles îles étaient découvertes : par exemple :  Allomamanbobos, Saloupios, Macdos, Métroboulododos, etc.. je vais pas toutes vous les faire ce serait un peu long.

 

Ferry très confortable, les mêmes rangées que dans l’avion et pas le droit de sortir (c’est un highspeed, on trace notre race), en trois heures on arrive à Kamarès, le port de l’île de Sifnos, magnifique. C’est tout vert, l’eau est belle bleue, et les maisons sont belles blanches, truc de ouf, trop beau ! On est à peu près.. 5 personnes à débarquer d’un bateau qui peut en contenir exactement 642. Pas des masses quoi, que les vrais baroudeurs ! Une fois les locaux disparus, on se DSC01331.JPGretrouve seuls dans ce petit village, tout y est paisible. Les locaux sont visiblement occupés par la préparation de la saison touristique, on peint, on arrange, on décore,.. et personne ne fait attention à nous. En tant que bons baroudeurs on arrive à l’arrache, ce qui dans le jargon des voyageurs signifie que l’on a pas d’hébergement. On prend donc le bus, avec les locaux, pour nous rendre à Kastro, petit village à l’autre bout de l’île. L’île fait environ 15 km de longueur sur 8 km de largeur, pour vous donner une idée. Kastro est situé sur un promontoire naturel, légèrement au-dessus de la mer, les maisons sont toutes blanches et il y a environ 10 églises au mètre carré. Superbe. Le bus nous dépose et nous laisse là.. ben.. ben comme deux cons quoi ! Il n’y a pas un chat. On se promène dans ces petites ruelles qui montent sans entendre un bruit, ils sont tous morts ou quoi ?? Finalement on tombe sur une grand-mère, Margarita, qui nous invite à rentrer chez elle. Sympa Margarita. On fait un brin de causette en langage des signes, et elle appelle son fiston, Antonios, qui devrait avoir une chambre pour nous. Confirmation, on est vraiment les seuls touristes sur l’île, il y a pas un rat dans le coin. Sympa le grec, il est en train de fignoler ces chambres pour cet été, Erika réussi à négocier un petit rabais. La DSC01198.JPGterrasse donne sur les montagnes, remplies d’oliviers et d’églises. On décide, comme à notre habitude, de grimper sur le plus haut sommet de l’île, pour avoir une meilleure idée de l’endroit où l’on se trouve. Sur le sommet est planté un monastère, Profitis Ilias (680m) datant de 1650, en français ça donne le Prophète Elie, comme dans la Bible. Départ de Kastro, on suit la route pour rejoindre Apollonia, la capitale de l’île, puis on monte un peu pour rejoindre le village de Katavati, pour redescendre tout en bas dans la vallée (on s’est trompé de route) et remonter tout en haut jusqu’au sommet après.. 6 bonnes heures de marche.. Il y a quand que nous pour se planter de chemins sur une île aussi petite.. Vue imprenable sur la plupart des îles des Cyclades, qui ne sont en fait pas si éloignées que ça les unes des autres. Il paraît même que l’ion peut apercevoir le Péloponèse (le continent) depuis le sommet. Magnifique. Superbe.  Bel endroit pour prier, ils n’étaient pas bêtes les moines. Notez que les grecs sont très majoritairement orthodoxes (la séparation d’avec les catholiques datant du célèbre schisme de 1054) et très croyants. Par contre en ce qui nous concerne il est 18h30, et le soleil commence à se coucher, on redescend vite fait mal fait, les jambes lourdes mais le cœur léger, selon la formule.

 

DSC01293Le lendemain, on est trop fatigué pour marcher, on a alors une super idée : louer un scooter ! 10 euros la journée et 5 pour faire le plein. On vous refile une daube de première qui ne dépasse pas 60 km/h en descente et avec le vent dans le dos, mais ça suffit largement pour barouder sur une petite île. A la question « avez-vous de l’expérience avec un scooter ? » je me suis vu répondre « euh.. oui », mais en fait, « not so much » aurait été plus approprié.. Quel bonheur de tracer la route sans se fatiguer, les paysages sont superbes, tour à tour les oliviers, les maisons blanches, la mer, trop bon. Trop le bonheur. Personne sur la route et 22 km/h en montée ! Limite Erika pouvait descendre en route et marcher à côté de l’engin.

 

Premier arrêt à Faros, un petit port de pêcheurs, plein de charme. On marche le long de la côte jusqu’à un autre monastère, Chryssopighi. En route on croise quelques français et leur rendons leur bonjour. « A cette époque il n’y a que des français ». Cap sur le prochain arrêt, après quelques kilomètres sur des routes tortueuses on atteint Vathy, pano-Sifnos-3.JPGune magnifique baie protégée du vent et de la houle. A peine le temps de garer notre bête de course qu’on entend un « Vous venez manger la moussaka avec nous ? » des même français que l’on avait rencontré tout à l’heure. « On arrive ! » que je réponds aussi sec, le ventre vide. On a l’honneur de partager le repas de Jean-Luc, de sa femme et de ses deux sœurs, sur la terrasse de sa maison. Oui, monsieur est propriétaire à Sifnos. Et a importé une 4x4 Suzuki immatriculé 81, qui parait-il fait toujours de l’effet auprès des gens du coin. La moussaka a été préparé par la voisine, délicieuse, la meilleure du voyage, accompagnée de vins grecs, entre le moyen et le pas terrible, de fromages grecs, très salés, et suivis de desserts grecs, des pâtisseries excellentes. Merci JL on reviendra ! On profite du soleil qui tape fort et des températures clémentes (peut-être 20C) pour piquer une petite tête, l’eau n’est pas encore très chaude (je dirais aux alentours de 16-17C) mais on sent qu’il y a du potentiel. On reprend le scooter direction un autre monastère, à l’autre bout de l’île, Panagia tis Poulatis. Au passage petite frayeur lorsque en s’arrêtant pour prendre une photo je n’ai pas réussi à redémarrer l’engin. On arrête la première voiture avec des grands signes genre on-est-perdu-on-va-tous-mourir, le mec essaie et le démarre du premier coup.. woulala la honte de ma vie. « Faut juste accélérer un peu plus fort, OK ? », « Efkaristo » qu’on lui répond la tête basse. La vue sur Kastro est magnifique.

 

DSC01258.JPGLe soir salade grecque faite maison, et discussion politique avec Antonios, qui nous explique le gros problème de son pays, et pourquoi on en a tant entendu parler ces derniers temps dans les journaux. C’est vrai que la Grèce a accumulé un déficit de malade, déjà nous on est très très fort en matière de déficit, mais les grecs ils nous explosent. Le plus drôle c’est que c’est nous l’Europe, la France en particulier, qui allons prêter de l’argent aux grecs. De l’argent.. que l’on a pas bien sûr, mais qu’on va emprunter, tout ça est d’une logique implacable. D’ailleurs les français sont bien vus en ce moment en Grèce, car Nico ne rechigne pas à banquer pour sauver nos amis grecs de la banqueroute. Par contre, son de cloche différent du côté d’Angela, pas question de raquer selon elle. Elle a d’ailleurs proposé d’aider les grecs financièrement, mais en échange de recevoir quelques îles HAHAHA, elle est bonne celle-là non ? Bref, le problème de la Grèce, et moi je vous le dit j’y suis allé 10 jours en vacances, le problème de la Grèce c’est le black. Le marché noir. Ils ne déclarent rien, tout se fait cash. Du coup le gouvernement rame quand il s’agit de collecter les impôts et de financer les hôpitaux et les écoles. J’ai lu que l’économie parallèle était estimée à environ 30% de l’économie officielle, c’est complètement dingue. JL nous disait que pour les travaux de terrassement de sa maison qui impliquaient des grosses sommes d’argent, il était obliger de payer cash, sinon il ne trouvait personne.

 

On retourne le soir à Kamarès pour assister au coucher du soleil, dans un petit bistrot face à la mer avec la bonne orientation. A peine arrivé qui c’est qui nous invite à boire l’ouzo ? JL bien sûr ! En fait il n’y a que nous 5 sur l’île.. Intéressant d’apprendre à quoi ressemblait la vie à Sifnos il y a encore 50 ans : au moyen-âge presque. Les gens naissaient et mourraient sur cette île, se mariait entre cousins, cultivait la terre avec une charrue et un âne, fabriquait de l’huile d’olive, et priait. Un peu comme dans le Haut-Doubs en fait.

 

Déjà notre dernier jour à Sifnos, on retourne au port, Kamarès, pour reprendre le bateau pour l’île de Santorin. Un grec nous a demandé la veille où nous allions après Sifnos, lorsqu’on lui a répondu il nous a dit qu’on allait être très impressionné par Santorin. Je me demandais bien ce qu’on pourrait y trouver de plus qu’à Sifnos.

Publié dans Grèce 2010

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