Dominical est un repère de surfeurs, américains pour la plupart, qui ne se sentent pas trop dépayser en venant ici. La majorité des bars et des restos sont tenus par les Americanos, n’essayez même pas de parler espagnol ils ne capteront pas. Par contre un bel accent américain vous facilite grandement la vie. Alors me voilà avec ma sœur à l’agonie sur les bras en train de chercher un médecin. Après quelques essais infructueux on parvient finalement à dénicher un cabinet médical, on sonne, une charmante jeune Ticas nous ouvre la porte. Le cabinet est tout neuf, et apparemment la demoiselle vient de finir ses études. Coup de bol elle parle un peu anglais, cela va faciliter les choses. Je lui explique, ma sœur et son oreille bouchée, ses maux de têtes, tout le tralala. J’avais en secret un peu peur qu’elle ait attrapée une vieille maladie locale, il y en a tellement : les fièvres jaunes, et de toutes les autres couleurs, la malaria,.. Pas de problèmes nous dit la jeune médecin, c’est une infection due à la baignade, sûrement que les eaux de Jaco n’étaient pas toujours très propres. Des antibiotiques, des gouttes, pas de baignade pendant quelques jours et elle sera remise sur pieds. Je paie le médecin, ultra-cher au passage, un truc comme 70 euros les 5 minutes –avec 70 euros au Costa Rica vous achetez une île !-. Question suivante : « où est la pharmacie, car on en a pas vu à Dominical ? _ La plus proche est à Uvita ! » Quoi ?? On en vient d’Uvita justement !!
Alors nous voilà repartis dans l’autre sens, encore la galère avec les horaires de bus. Si dans la France du début du 20ieme siècle le maire, le curé et l’instituteur étaient les patrons du village, alors au Costa Rica du 21ieme le chauffeur les remplace tous les trois ! Ce sont les chauffeurs de bus les patrons ici. Pratiquement tous les locaux comptent sur le bus local dans leur vie quotidienne, alors vaut mieux être pote avec le chauffeur du bus, surtout qu’ici c’est lui qui décide des horaires. C’est un peu comme Chuck Norris pour ceux qui connaissent : le chauffeur de bus n’a pas de montre, il décide de l’heure qu’il est.
Donc retour à la case départ, Uvita, pour acheter les médicaments, et re-retour à Dominical, tout ça en une journée, alors que les deux villages sont à.. 15 km l’un de l’autre..
En dépit des aventures médicales de Mathilde on n’a pas aimé Dominical plus que ça. Pas assez authentique je dirais, trop d’américains qui se croient chez eux, cela m’insupporte au plus haut point. De plus, le spot de surf était insurfable pour cause de trop grosse houle, des rouleaux de 3m que personne n’avait envie de chatouiller. Au lieu de surfer on a décidé de continuer à marcher, on est allé faire un tour au refuge Hacienda Baru, une réserve naturelle. Un mini Manuel Antonio en quelque sorte. Journée sympa, surtout qu’on était seuls cette fois dans la jungle, où l’on a pu rencontrer encore de nombreux singes, et toutes sortes de mammifères bizarres dont j’ignore le nom, mais toujours pas de serpents, à mon plus grand désarroi. Je n’arrive pas à croire que je vais bientôt quitter le Costa Rica sans en avoir vu un seul.
On décide d’écourter notre séjour à Dominical pour se rendre à Playa Matapalo, un petit village au bord de l’océan environ 15 km au Nord de Dominical. On espère que les vagues y seront un peu plus clémentes et surtout qu’il y aura moins d’Americanos. Encore une fois, la croix et la bannière pour trouver un bus, qui nous dépose comme des « merdes » au bord de la route, avec nos sacs et nos planches. On commence à marcher, direction la plage, en pleine cagna au milieu de l’après-midi, en espérant trouver une auberge pour ce soir, car depuis que Deri ne voyage plus avec nous, nous ne prenons pas la peine de réserver. On galère, on transpire, le village est assez loin de la route, mais on finit par rencontrer un local, dont apparemment le job consiste à couper des fruits pour les hôtels des alentours. Il a une grande machette dans la main, grand sourire. Il me demande s’il peut nous aider, je lui dit que oui, qu’on cherche un endroit pour dormir. Je me demandais s’il n’allait pas juste me coller un coup de machette et partir avec ma sœur et notre argent. Mais non, il est très sympa : pas de problèmes il me répond, je vais vous trouver ça. Alors me voilà parti avec mon pote Jose, lui la machette à la main, pour chercher un hôtel. Les trois premiers sont pleins, dont cet hôtel trois étoiles tenu par des allemands. Jose a bien du mal à vendre ses noix de cocos à l’allemand, qui fini par lui lâcher par pitié quelques Colones, scène bien triste.
On finit enfin par trouver un hôtel, un peu trop la classe à mon gout mais on n’a pas le choix, et Jose négocie le prix pour nous, à ma grande surprise. La patronne Ticas n’a pas l’air très contente de voir ce local défendre les touristes en négociant les prix pour eux. Je remercie Jose à mon tour par quelques dollars, on le reverra très bientôt.
La patronne, au passage ne rigole pas. Et elle n’a pas l’air d’être au courant qu’il y a un énorme panneau à l’entrée de sa propriété indiquant « we speak 4 languages », car quand je lui demande si elle parle anglais elle m’ouvre des yeux de merlan fris.
Matapalo est un village qui s’étire tout le long de la plage, Playa Matapalo vous aurez compris, une plage qui s’étend sur quelques kilomètres. Typiquement costaricaine, avec son sable noir, ses palmiers, sa forêt tropicale, et ses vagues. L’endroit est très tranquille, la plage est magnifique. On prend vite notre petit rythme de vie, surf à marée haute, avec de très bonnes conditions cette fois, et quasiment toujours seul à l’eau. Je n’avais jamais vraiment été à l’eau tout seul avant ici. Je ne parle même pas de la France où la densité de population dans l’eau rivalise avec celle des quartiers de Tokyo. Il y a un coté très agréable puisque vous prenez toutes les vagues que vous voulez mais en même temps très angoissant. On ne peut pas se dire que le requin va préférer attaquer la planche du voisin..
Le soir on mangeait toujours au même resto / bar, car Mathilde trouvait le serveur très mignon, on y mangeait bien pour pas cher. Les journées sont passées vite, et le temps de rentrer avec. Dernier casados, dernières vagues, denier bus, derniers billets de Colones à dépenser, dernière Imperial, derniers mots en espagnol.
Retour à San Jose, et rebelote avec les taxis, bus, navettes, formalités douanières, avant d’atterrir à Toronto, et de réembarquer pour la France. Au passage, la compagnie américaine nous a massacré nos planches en les transportant, malgré les 100 dollars qu’ils nous ont demandés pour les transporter. Pour 100 dollars moi je peux massacrer n’importe quelle planche de surf, facile.
Fin du trip, mon premier en Amérique centrale mais sûrement pas le dernier. Le Panama, El Salvador ou encore le Nicaragua sont apparemment aussi beaux que le Costa Rica et encore plus authentiques, peut-être de futures destinations, qui sait.
Remerciements :
Ma sœur Mathilde bien sûr, mon compagnon de route, enfin de bus plutôt, pour ce voyage. Toujours de bonne humeur et toujours avec le sourire, deux choses qui font qu’on s’est bien marré pendant ces deux semaines, même quand je l’emmenais dans des galères pas possibles. Genre « pourquoi faire cher quand on peut faire pas cher » est la galère typique. « Merci Mathieeeeuuuuuu Merci Mathieeeeuuuuuuu!».
Christian et Deri, nos potes pendant les dix premiers jours. Merci pour tous ces moments passés à l’autre bout du monde.
Tous les costaricains et costaricaines que l’on a pu rencontrer pendant ce voyage, spécialement notre Daniel de l’auberge de Jaco. Votre pays est magnifique, continuez à le protéger.





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