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Grèce 2010

 

Cette fois on a opté pour un ferry lent, avec la possibilité d’accéder aux ponts, et de respirer un peu l’air marin. Après quelques arrêts sur des îles encore plus paumées que Sifnos, Milos et Sikinos, nous voici enfin en train d’approcher la fameuse île de Santorin, Santorini island en anglais. Comme je l’écrivais dans l’article précédent, Santorin est un « must-do » de la Méditerranée. La différence avec ses collègues des DSC01662.JPGCyclades ? Santorin est une île volcanique, d’où des couleurs et des paysages radicalement différents de ce qu’on peut trouver sur les autres îles, celles avec un nom qui se termine en « os ». L’île est en fait une caldeira, c'est-à-dire qu’elle constitue la couronne d’un volcan, d’où sa forme circulaire, et son relief : des falaises abruptes au centre, entre 60 et 120m de haut, et une pente douce de l’autre côté. Au milieu, deux îlots sortis de l’eau récemment, issus des plus récentes éruptions de la bête. A peu près la même taille que Sifnos. Voilà pour le décore « géographique ». A l’approche de l’île en bateau, on remarque instantanément ces tâches blanches au dessus des falaise, il ne s’agit pas de neiges éternelles mais bel et bien de maisons blanches, constituant les principaux villages de l’île. Tout à fait typique, et quelque peu surréaliste : de haut en bas ça donne la mer, les falaises ocres, rouges, marron, violettes,.. etc, les maisons blanches, et le ciel. Pas mal impressionnant.

 

L’arrivée des ferrys se fait au port d’Athinios, situé à l’intérieur du cercle, et au pied d’une immense falaise. Circulez il n’y a strictement rien à voir sauf la route digne d’un grand col des Alpes pour atteindre le sommet de la falaise et le réseau routier principal de l’île. Même remarque qu’à Sifnos, on est les premiers touristes ici aussi, mais par contre on est loin d’être seuls cette fois. Notre premier réflexe à notre arrivée est de louer un scooter, encore une fois le meilleur moyen de se déplacer sur l’île à moindres frais. Et encore une fois (qu’est ce qu’on est prévisibles !) on décide DSC01412.JPGd’escalader le Profitis Ilias local c'est-à-dire le monastère situé au sommet de l’île. On part de Périssa, petite station balnéaire situé sur le côté « plat », où déroule une longue plage de sable noir, quelque chose comme 8km de long. On grimpe jusqu’à notre première étape, les ruines de l’ancienne Théra.  Pas de bol, c’était férié et impossible de visiter quoi que ce soit. On continue donc jusqu’au monastère, où la vue embrasse toute la caldeira, magnifique. On passe la soirée à découvrir la capitale, Fira (parfois orthographiée Thira ou Théra), située sur la crête de la caldeira, avec une superbe vue sur la mer et les deux îlots volcaniques. Le centre-ville est très typique également avec des petites ruelles blanches, et malheureusement aussi très très touristique, on y trouve presque plus de bijouteries que sur la place Vendôme à Paris.

 

Le lendemain le temps est un peu couvert, chose inhabituelle ici, on décide donc de s’instruire un peu en visitant le musée préhistorique,  qui présente le résultat des fouilles du site archéologique d’Akrotiri, situé au sud-ouest de l’île. Alors, petite histoire avant de vous endormir : Dans les années 1960, un archéologue grec du nom de Marinatos, plein de pif, décide de fouiller Santorin avec une petite idée derrière la tête. Il enclenche direct sur le site d’Akrotiri, port idéal pour les marins d’autrefois. Marinatos fait tout de suite des découvertes incroyables : une véritable ville est ensevelie sous 40-50m de cendres volcaniques, datant de.. l’âge du Bronze (-3000). Truc de malade mental. Cette ville, cette civilisation même, l’ancienne Akrotiri (on ne connaît toujours pas son vrai nom) a été anéantie par une éruption volcanique en -1650, un peu comme Pompéi et l’éruption du Vésuve. Les ruines se sont excellemment bien conservées sous les cendres, on a donc retrouvé des maisons à plusieurs étages et des  pièces en très bon état, entre autres des fresques (en couleur !), des meubles, des poteries, des gamelles de bronze,..etc. Passionnant de comprendre comment vivait les gens à cette époque, de réaliser combien ils étaient déjà avancés, et de compatir à leur destin tragique. L’éruption a quand même envoyé des cendres jusqu’à 7km de haut dans l’atmosphère (exactement comme le volcan islandais ces derniers jours), et a provoqué un raz de marée qui a détruit la flotte crétoise située non loin de Santorin (civilisation minoenne). Les chercheurs se battent aujourd’hui à propos de l’estimation de la hauteur de la vague, certains arguent pour 50m de haut, d’autres vont jusqu’à 250m, une sacrée vague. On ne sait pas exactement si les gens ont été pris par surprise par l’éruption, ou si ils ont eu le temps de fuir, et se sont fait rattrapé par la vague géante une fois sur l’eau. Dans tous les cas de figure, cette histoire peut vous sembler familière, car elle répond en de nombreux points au mythe de l’Atlantide, mentionné pour la première fois par Platon pendant l’Antiquité et concernant une cité à son apogée se faisant ravagée par les flots. Renseignements pris, aucun consensus n’existe encore aujourd’hui sur la localisation de l’Atlantide. Pour l’anecdote, l’île est restée déserte pendant plusieurs siècles avant que des hommes ne reviennent y habiter (les égyptiens, les grecs, puis les romains) vers -900, sans aucune idée de la brillante civilisation qui venait d’y être balayé 700 ans plus tôt. Fascinant !

 

Après avoir fait fonctionner le cerveau, on est allé à Akrotiri même, où il est malheureusement impossible de visiter le champ de fouilles à cause d’un accident mortel qui a eu lieu l’été dernier. Néanmoins, pour vous donner une idée, les successeurs de Marinatos pensent qu’il faudra plus de cent ans de fouille pour tout exhumer. Juste à côté du site se trouve une plage un peu particulière, située au pied de falaises rouges, elle est baptisée Red Beach. Petite baignade pour la forme et coucher de soleil.

 

pano-Red-Beach.JPG

 

Après s’être baladé dans les villages du centre de l’île, entre autres à Mégalochori, beaucoup plus calmes que Fira, on a eu le bonheur de rencontrer ce couple de touriste, dont la fille est venue nous poser la mythique question suivante en anglais dans le texte: «Euh.. excuse-me, can you show me a beautiful place here in Santorini ? » Regards interloqués d’Erika et moi-même ne comprenant pas trop la question. Cette île est un des plus beaux endroits que j’ai jamais vu de ma vie.. Réponse : « ben.. ouvre les yeux , open your eyes !! »  hahaha. La fille se plaignait que c’était pas exactement comme sur les photos du catalogue de son agence de voyages. Merde alors, faut pas déconner. Du coup petite vanne à chaque fois qu’on voyait un paysage, ou un endroit magnifique : « euh excuse me, can you.. ».

 

 DSC01530.JPG

 

On a eu la chance d’apprendre que tous les ans à Pâques, les habitants de Pyrgos, le plus haut village de l’île, plaçaient de nombreuses torches enflammées sur les maisons et églises du village, pour commémorer la mort de Jésus. Beaucoup de locaux et peu de touristes, surtout des touristes habillés en rouge bien pétant comme moi, j’étais tout seul ça c’est sûr..

 

 

 

DSC01753.JPGOn a gardé le meilleur pour la fin de notre séjour, se réservant la visite d’Oia, à prononcer « Ia », la petite perle de Santorin, pour les derniers jours. Les images cartes postales de ses dômes bleus surplombant la mer Egée font maintenant partie de la culture universelle. On a visité le village de Firostéfani en cours de route, puis prit la dangereuse route des crêtes pour atteindre la pointe nord de l’île, où se loge le petit village DSC01597.JPGd’Oia, au bord d’une falaise à peine moins haute qu’à Fira. Et effectivement les vues sont imprenables. « Euh, excuse me,.. ». Cherchant à éviter les sorties trop touristiques, on dégote un bateau pour se rendre sur un bout de l’île de Santorin qui a été arraché pendant la fameuse éruption volcanique. Cette île s’appelle maintenant Thirassia.  Départ du bateau depuis le port d’Amoudi, presque pas mentionné dans le guide, mais un des meilleurs spots de l’île, c’est tout simplement incroyable. Les couleurs, la mer, les maisons blanches, le port, les bateaux, le soleil,.. c’est superbe. Superbe. Après les 5 minutes nécessaires à la traversée, on atterrit dans un endroit désert, quasiment personne ne vivant à Thirassia pendant cette partie de l’année. Pour les baroudeurs donc ! On marche jusqu’au Profitis Ilias local (et de trois !), pour la plus belle vue de voyage, sur les falaises de Thirassia d’abord, puis dur toute la caldeira et les deux îlots. Trop beau. Et typique : Manolas, le petit village est comme Fira il y a 50 ans, on dirait que le temps s’est arrêté. On pêche, on cueille, on plante, la vie simple quoi.

 

pano-Santorini-1.JPG

 

Le soir couché de soleil à Oia, avec une autre ambiance, il faut réserver sa place pour pouvoir assister au spectacle. Il parait qu’en été ce n’est même pas la peine d’y penser tellement il y a du monde. Pas trop mon truc.

 

DSC01678.JPG

 

Dernière sortie avant de rapatrier, la visite des deux îlots volcaniques, Néa Kaméni et Paléa Kaméni. Intéressant de constater les conséquences des éruptions successives qui ont eu lieu, chacune d’elle contribuant à modifier la carte des deux îlots, pour constituer aujourd’hui les terres les plus récentes d’Europe grâce à l’éruption de 1956. Petit détour par les hot springs,  situés sur le bord de la plus petite des îles, pas facile d’accès : il faut commencer par plonger du bateau, dans une eau pas super chaude, puis nager quelques centaines de mètres pour rejoindre une crique où l’eau y est d’une couleur douteuse, pour réaliser que les hot springs, ne sont finalement pas si hot que ça !

 

Expérience culinaire grecque pour notre dernier soir sur l’île au restaurant local de notre village (on logeait à Kartérados, au centre de l’île) tenu par des pêcheurs et vivement recommandé par notre hôte. On commande donc un plat de poissons grillés pour deux, on a même pu voir les poissons qu’on allait manger, et pêchés le matin même. On a pas été déçu, on a eu un énorme plat de poissons grillés, et.. c’est tout ! Pas de sauce, ni de riz, rien, à la grecque. Une expérience je vous dis.

 

On quitta la Grèce le lendemain direction la Suisse, avec des images plein la tête, et le sentiment de la mission accomplie. Le vol fût particulièrement apprécié, avec la vue sur les Alpes.

 

A bientôt pour une prochaine mission !

 

PS: les meilleures photos du trip sont juste à gauche.

Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 22:33
- Publié dans : Grèce 2010
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Finalement on aura passé moins de deux jours à Athènes, c’est peu me direz-vous, certes c’est peu, mais DSC01181bien assez pour des intellectuels comme nous et pour avoir une idée de la Grèce Antique. Maintenant place au « baroudage » !! Direction le port du Pirée, très tôt le matin, on est lundi. Pour vous donner une meilleure idée des dimensions mises en jeu, on nous recommandait d’arriver une heure avant le départ de notre bateau, le temps de trouver le bon quai et bon bateau. Une fois sur place, trouver les bateaux n’est pas le plus difficile, ils sont énormissimes, par contre faut juste trouver le bon. On paraissait minuscules à côté de ces bêtes des mers. En même temps, vu le nombre d’îles en Grèce (environ 120 habitées) et vu le nombre de touristes à déplacer en été, vaut mieux prévoir large. On a d’ailleurs largement entendu parler de la folie de Juillet-Aôut, quand des milliers de personnes viennent prendre le ferry chaque matin. Nous en Avril on est peinard, à peine quelques américaines en short-tongs-coups de soleil-casquette de l’université venues passer leur Spring Break au soleil. L’avantage de voyager hors-saison. Bref, nous voilà sur le bon ferry, en « route » pour l’île de Sifnos. Sifnos fait partie des Cyclades, un groupe d’une cinquantaine d’îles situées à l’est du continent grec, dans la mer Egée. Très populaires en été, les plus connues DSC01184.JPGétant bien sûr Mikonos et Santorin. D’ailleurs quand les japonais font l’Europe en trois jours, ils passent bien 2 heures à Santorin, preuve indiscutable de beauté. Dans le même genre ils font la Tour Eiffel (30 min), Interlaken (1 heure), le mur de Berlin (45 min),.. efficaces quoi. Sifnos est un peu moins connue et fréquentée, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on l’a choisie. Car pas facile de choisir entre toutes ces îles grecques sans connaître. Comment décider entre Sérifos, Milos, Kimolos, Antiparos, Délos, Tinos, Amorgos, et encore plein d’autres en « os » ?? Pas facile !! Finalement on a tranché, ce sera Sifnos. On a passé pas mal de temps de notre séjour à trouver des noms si jamais des nouvelles îles étaient découvertes : par exemple :  Allomamanbobos, Saloupios, Macdos, Métroboulododos, etc.. je vais pas toutes vous les faire ce serait un peu long.

 

Ferry très confortable, les mêmes rangées que dans l’avion et pas le droit de sortir (c’est un highspeed, on trace notre race), en trois heures on arrive à Kamarès, le port de l’île de Sifnos, magnifique. C’est tout vert, l’eau est belle bleue, et les maisons sont belles blanches, truc de ouf, trop beau ! On est à peu près.. 5 personnes à débarquer d’un bateau qui peut en contenir exactement 642. Pas des masses quoi, que les vrais baroudeurs ! Une fois les locaux disparus, on se DSC01331.JPGretrouve seuls dans ce petit village, tout y est paisible. Les locaux sont visiblement occupés par la préparation de la saison touristique, on peint, on arrange, on décore,.. et personne ne fait attention à nous. En tant que bons baroudeurs on arrive à l’arrache, ce qui dans le jargon des voyageurs signifie que l’on a pas d’hébergement. On prend donc le bus, avec les locaux, pour nous rendre à Kastro, petit village à l’autre bout de l’île. L’île fait environ 15 km de longueur sur 8 km de largeur, pour vous donner une idée. Kastro est situé sur un promontoire naturel, légèrement au-dessus de la mer, les maisons sont toutes blanches et il y a environ 10 églises au mètre carré. Superbe. Le bus nous dépose et nous laisse là.. ben.. ben comme deux cons quoi ! Il n’y a pas un chat. On se promène dans ces petites ruelles qui montent sans entendre un bruit, ils sont tous morts ou quoi ?? Finalement on tombe sur une grand-mère, Margarita, qui nous invite à rentrer chez elle. Sympa Margarita. On fait un brin de causette en langage des signes, et elle appelle son fiston, Antonios, qui devrait avoir une chambre pour nous. Confirmation, on est vraiment les seuls touristes sur l’île, il y a pas un rat dans le coin. Sympa le grec, il est en train de fignoler ces chambres pour cet été, Erika réussi à négocier un petit rabais. La DSC01198.JPGterrasse donne sur les montagnes, remplies d’oliviers et d’églises. On décide, comme à notre habitude, de grimper sur le plus haut sommet de l’île, pour avoir une meilleure idée de l’endroit où l’on se trouve. Sur le sommet est planté un monastère, Profitis Ilias (680m) datant de 1650, en français ça donne le Prophète Elie, comme dans la Bible. Départ de Kastro, on suit la route pour rejoindre Apollonia, la capitale de l’île, puis on monte un peu pour rejoindre le village de Katavati, pour redescendre tout en bas dans la vallée (on s’est trompé de route) et remonter tout en haut jusqu’au sommet après.. 6 bonnes heures de marche.. Il y a quand que nous pour se planter de chemins sur une île aussi petite.. Vue imprenable sur la plupart des îles des Cyclades, qui ne sont en fait pas si éloignées que ça les unes des autres. Il paraît même que l’ion peut apercevoir le Péloponèse (le continent) depuis le sommet. Magnifique. Superbe.  Bel endroit pour prier, ils n’étaient pas bêtes les moines. Notez que les grecs sont très majoritairement orthodoxes (la séparation d’avec les catholiques datant du célèbre schisme de 1054) et très croyants. Par contre en ce qui nous concerne il est 18h30, et le soleil commence à se coucher, on redescend vite fait mal fait, les jambes lourdes mais le cœur léger, selon la formule.

 

DSC01293Le lendemain, on est trop fatigué pour marcher, on a alors une super idée : louer un scooter ! 10 euros la journée et 5 pour faire le plein. On vous refile une daube de première qui ne dépasse pas 60 km/h en descente et avec le vent dans le dos, mais ça suffit largement pour barouder sur une petite île. A la question « avez-vous de l’expérience avec un scooter ? » je me suis vu répondre « euh.. oui », mais en fait, « not so much » aurait été plus approprié.. Quel bonheur de tracer la route sans se fatiguer, les paysages sont superbes, tour à tour les oliviers, les maisons blanches, la mer, trop bon. Trop le bonheur. Personne sur la route et 22 km/h en montée ! Limite Erika pouvait descendre en route et marcher à côté de l’engin.

 

Premier arrêt à Faros, un petit port de pêcheurs, plein de charme. On marche le long de la côte jusqu’à un autre monastère, Chryssopighi. En route on croise quelques français et leur rendons leur bonjour. « A cette époque il n’y a que des français ». Cap sur le prochain arrêt, après quelques kilomètres sur des routes tortueuses on atteint Vathy, pano-Sifnos-3.JPGune magnifique baie protégée du vent et de la houle. A peine le temps de garer notre bête de course qu’on entend un « Vous venez manger la moussaka avec nous ? » des même français que l’on avait rencontré tout à l’heure. « On arrive ! » que je réponds aussi sec, le ventre vide. On a l’honneur de partager le repas de Jean-Luc, de sa femme et de ses deux sœurs, sur la terrasse de sa maison. Oui, monsieur est propriétaire à Sifnos. Et a importé une 4x4 Suzuki immatriculé 81, qui parait-il fait toujours de l’effet auprès des gens du coin. La moussaka a été préparé par la voisine, délicieuse, la meilleure du voyage, accompagnée de vins grecs, entre le moyen et le pas terrible, de fromages grecs, très salés, et suivis de desserts grecs, des pâtisseries excellentes. Merci JL on reviendra ! On profite du soleil qui tape fort et des températures clémentes (peut-être 20C) pour piquer une petite tête, l’eau n’est pas encore très chaude (je dirais aux alentours de 16-17C) mais on sent qu’il y a du potentiel. On reprend le scooter direction un autre monastère, à l’autre bout de l’île, Panagia tis Poulatis. Au passage petite frayeur lorsque en s’arrêtant pour prendre une photo je n’ai pas réussi à redémarrer l’engin. On arrête la première voiture avec des grands signes genre on-est-perdu-on-va-tous-mourir, le mec essaie et le démarre du premier coup.. woulala la honte de ma vie. « Faut juste accélérer un peu plus fort, OK ? », « Efkaristo » qu’on lui répond la tête basse. La vue sur Kastro est magnifique.

 

DSC01258.JPGLe soir salade grecque faite maison, et discussion politique avec Antonios, qui nous explique le gros problème de son pays, et pourquoi on en a tant entendu parler ces derniers temps dans les journaux. C’est vrai que la Grèce a accumulé un déficit de malade, déjà nous on est très très fort en matière de déficit, mais les grecs ils nous explosent. Le plus drôle c’est que c’est nous l’Europe, la France en particulier, qui allons prêter de l’argent aux grecs. De l’argent.. que l’on a pas bien sûr, mais qu’on va emprunter, tout ça est d’une logique implacable. D’ailleurs les français sont bien vus en ce moment en Grèce, car Nico ne rechigne pas à banquer pour sauver nos amis grecs de la banqueroute. Par contre, son de cloche différent du côté d’Angela, pas question de raquer selon elle. Elle a d’ailleurs proposé d’aider les grecs financièrement, mais en échange de recevoir quelques îles HAHAHA, elle est bonne celle-là non ? Bref, le problème de la Grèce, et moi je vous le dit j’y suis allé 10 jours en vacances, le problème de la Grèce c’est le black. Le marché noir. Ils ne déclarent rien, tout se fait cash. Du coup le gouvernement rame quand il s’agit de collecter les impôts et de financer les hôpitaux et les écoles. J’ai lu que l’économie parallèle était estimée à environ 30% de l’économie officielle, c’est complètement dingue. JL nous disait que pour les travaux de terrassement de sa maison qui impliquaient des grosses sommes d’argent, il était obliger de payer cash, sinon il ne trouvait personne.

 

On retourne le soir à Kamarès pour assister au coucher du soleil, dans un petit bistrot face à la mer avec la bonne orientation. A peine arrivé qui c’est qui nous invite à boire l’ouzo ? JL bien sûr ! En fait il n’y a que nous 5 sur l’île.. Intéressant d’apprendre à quoi ressemblait la vie à Sifnos il y a encore 50 ans : au moyen-âge presque. Les gens naissaient et mourraient sur cette île, se mariait entre cousins, cultivait la terre avec une charrue et un âne, fabriquait de l’huile d’olive, et priait. Un peu comme dans le Haut-Doubs en fait.

 

Déjà notre dernier jour à Sifnos, on retourne au port, Kamarès, pour reprendre le bateau pour l’île de Santorin. Un grec nous a demandé la veille où nous allions après Sifnos, lorsqu’on lui a répondu il nous a dit qu’on allait être très impressionné par Santorin. Je me demandais bien ce qu’on pourrait y trouver de plus qu’à Sifnos.

Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 18:16
- Publié dans : Grèce 2010
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Wahou, plus d’un an que je n’avais pas écrit sur ce blog, une éternité ! Les raisons de cette absence étant principalement dues au fait qu’étudiant au Canada, j’utilise mes vacances pour rentrer à la maison, et très peu pour voyager. Exception faite cet hiver puisque j’ai eu droit à un exceptionnel bon de sortie pour passer les mois les plus rudes de l’année (surtout au Canada..) en Suisse, au bord du lac Léman, je sais, ça fait rêver. Et donc oh miracle j’ai réussi à trouver dix jours pour partir en Grèce avec ma chérie Erika, en vacances. La Grèce, je préviens tout de suite avant de commencer les choses sérieuses, pour les gens comme moi qui n’aiment pas trop « bronzé idiot »la Grèce c’est du gros dossier, du lourd, du très lourd même. Alors forcément oui je vais vous rabattre les oreilles avec quelques lignes sur la mythique Grèce Antique, qui est traitée maintenant au programme de sixième. Personnellement j’ai quelques vagues souvenirs de mes cours de prépa mais sinon je n’étais pas loin de partir de zéro avant ce voyage. Et c’est là que c’est intéressant, car même un blaireau comme moi qui fait trois heures d’avion pour se retrouver la face au soleil à Athènes retrouve des gens, des lieux, des notions familières. Ce qui m’a laissé penser que « tout a été inventé, un jour », notez ça, c’est de moi. Ben oui, tout. Absolument tout. Même les trucs les plus évidents aujourd’hui. 

 

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Donc nous voilà partis au départ de Genève, un des aéroports les plus misérables que la Terre n’ait jamais connue, les yeux plongés dans le guide, la Bible, pour essayer d’établir un plan d’attaque de la cité grecque. A l’approche de notre destination, on peut se rendre compte de la taille de la métropole, c’est immense, gigantesque, les bâtiments blancs s’étendent à perte du vue. Environ 4 millions de personnes vivent dans l’agglomération d’Athènes, et moins d’un million dans le vrai Athènes.

 

 

 

 

Arrivés en fin d’après-midi, on décide d’escalader le sommet local pour avoir une meilleure idée de la ville. L’équivalent de Tibidabo à Barcelone, Montmartre à Paris, Fourvière à Lyon, la CN Tower à Toronto, le Mont-Royal à Montréal, la Citadelle à Besançon, etc.. vous m’aurez compris, s’appelle le mont Lycabette. La vue y est superbe, dominant toute la mégalopole jusqu’à la mer. Magnifique point de vue sur l’acropole aperçue pour la première fois « wouah gad’ gad’c’est l’acropole !! ». Pour le premier soir on voulait attaquer fort, on cherchait un « bouzouki ». Quand on a demandé au mec de l’auberge de jeunesse où est-ce qu’on pourrait passer une soirée dans un bouzouki, ils nous a regardé intensivement et il a dit : « Vous êtes sûrs ?? » D’après lui on pouvait dépenser dans ses soirées très alcoolisées jusqu’à 10000 euros en.. fleurs pour ces dames. Personnellement 10000 euros ça me parait un brin excessif pour des fleurs, j’ai donc regardé Erika droit dans les yeux, et je lui ai dit « n’y pense même pas ». On s’est baladé dans Psiri, quartier où sont concentrés beaucoup de bars et de restos, ambiance détendue sur les terrasses, où on a pu gouter à nos premiers plats grecs : beaucoup de légumes, de la feta, et de l’huile d’olive, très très bon.

 

 

DSC01053.JPGLe lendemain, les choses sérieuses commencent. Direction le musée de l’Acropole, histoire de comprendre ce qui va suivre. Le musée est très récent (ouvert en juin 2009), dessiné par un architecte franco-suisse, l’ami Bernard Tschumi. Excellente d’idée d’avoir concilié une architecture moderne avec un impressionnant porte-à-faux, tout en conservant les ruines découvertes il y a une cinquantaine d’années des « pentes de l’Acropole », constituées des d’anciens quartiers formant une transition entre la ville et le rocher sacré. La montée vers le premier étage est consacrée aux vestiges retrouvés sur ces fameuses pentes, près de 700 pièces, décrivant notamment comment se passaient les cérémonies de mariage à l’époque, à travers des vases peints entre autres. Ceci n’est qu’une mise en bouche avant d’arriver au cœur du sujet.

 

 

Le musée paraît au premier abord légèrement surdimensionné, mais c’est en fait une volonté et un signe des autorités culturelles grecques, car si vous n’êtes pas au courant -attention ça va chauffer- il existe une légère inimitié entre les grecs et les anglais. La raison ? Un certain Lord Elgin qui au début du 19ième ne s’est pas embarrassé : le mec a piqué les plus belles pièces de la grande fresque du Parthénon pour les envoyer par collissimo au british museum, où elles sont toujours malgré les injonctions répétées des grecs. L’argument massue des anglais pour ne pas rendre les pièces était que la Grèce ne disposait pas d’un musée adéquat, mais maintenant que c’est chose faite, les grecs attendent toujours les pièces.. Nous français ne sommes pas non plus très bien placé pour critiquer puisque depuis que Napoléon a pillé l’Egypte nous n’avons rien rendu non plus. Bref, l’accent est mis sur chaque pièce de plâtre qui remplace l’original du british museum, et qui devrait être à Athènes. En dehors de ça, on comprend mieux à quoi ressemblait l’Acropole de l’Antiquité, qui a vu la première version de ses temples détruite par ces DSC01059.JPGsauvages de Perses en -480.

 

Heureusement, les grecs, malins, ont caché quelques œuvres rescapées dans des rochers, et on les a seulement retrouvé au 19ième. Un peu comme les manuscrits de la Mer Morte, comme quoi, quand on cherche on trouve ! Les temples ont alors été reconstruits sous Périclès, entre -447 et -405 (je vous donne les dates de tête) sous la direction du célèbre Phidias, le plus grand sculpteur de l’antiquité. C’est donc les ruines de la deuxième version que l’on observe aujourd’hui.

 

 

 

En tout l’acropole est constituée de plusieurs monuments : la porte Beulé, porte que l’on franchit en entrant sur le site, elle porte le nom d’un archéologue français, puis suivent les Propylées, escaliers « à la grecque » c'est-à-dire entourés de colonnes, ensuite sur la gauche on observe le temple d’Athéna, un peu plus loin le Parthénon et sur la gauche encore l’Erechthéion (pas facile à prononcer ça). Voilà pour le rocher en lui-même. Sacré rocher quand même. DSC01064Sur les contreforts on peut apercevoir deux théâtres, le théâtre de Dionysos, très mal en point, où ce sont joué notamment des pièces d’Aristophane (La Paix, très drôle pour les initiés, souvenirs de prépa) et l'odéon d'Hérode Atticus contruit par les romains un peu plus tard, et en bien meilleur état. Il est d'ailleurs toujours utilisé aujourd'hui pour quelques manifestations. Tous ces lieux sacrés sont liés à la mythologie grecque, comprenant l’ensemble des mythes de la Grèce Antique : les dieux, les déesses, les demi-dieux, les héros, et toutes les histoires qui leur sont associées. La comparaison des croyances des grecs de l’Antiquité au christianisme actuel est tout à fait saisissante : chez les grecs pas de révDSC01138.JPGélation (pas de prophètes, pas d’apparitions,..), les dieux sont TRES nombreux et sont aussi bons vivants que les hommes : ils font la guerre, pratiquent l’adultère,.. on ne s’ennuie pas une seconde au Mont Olympe. Plus belle la vie à côté c’est du pipi de chat, c’est vous dire. La plupart des sites ont une place importante dans la mythologie.

 

Quelques détails futiles à propos du Parthénon : les colonnes sont légèrement différentes les unes des autres pour palier aux effets d’optique et rendre l’ensemble plus élégant : les colonnes sont à peine inclinées vers l’intérieur, pour ne pas avoir l’impression qu’elles poussent du vide, elles sont galbées pour ne pas avoir l’impression que le milieu est plus étroit et enfin celles situées aux angles ont un diamètre supérieur pour ne pas paraître plus fluettes que leurs copines. Intéressant non ? Dernière anecdote, celle-ci un peu plus connue : le chemin qui fait le tour de l’Acropole est le Péripatos, qui a donné naissance aux péripatéticiennes, les professionnelles du chemin, hum.. en quelque sorte.. hum hum. A ne pas confondre non plus avec les péripatéticiens, qui sont eux les disciples d’Aristote, connus pour philosopher tout en se baladant.

 

En descendant du rocher on arrive à une petite plaine, où se trouve l’Agora, le véritable centre publique de la cité DSC01137.JPGantique. Aujourd’hui on peut y voir quelques ruines, à l’exception du temple d’Héphaïstos, encore très bien conservé. Mais rien à voir avec ce que c’était à l’époque. S’y trouvaient entre autres la Boulè une salle de conseil dont les 500 membres préparait le travail de l’assemblée (l’ecclesia) et le tholos, bâtiment circulaire. Bref, c’est là que se concentrait toutes les administrations, que les citoyens venaient y faire des affaires et commenter l’actualité politique, et même philosopher. La vue sur l’Acropole y est magnifique. On aperçoit à l’Ouest  un immense temple, flambant neuf à côté des ruines antiques, et pour cause, c’est une reconstitution des années 50 du Stoa d’Attale, qui date de -150, grâce aux financements du richissime Rockefeller. On y trouve le superbe musée de l’Agora, que je recommande tout particulièrement pour deux raisons : la qualité de ses œuvres, et la clarté de ses explications sur l’histoire de l’agora. En effet, il est parfois difficile de s’y retrouver entre la période de la Grèce antique et la période romaine, qui a également  apporté de nombreuses constructions.

 

Ce sera tout sur ce lieu symbolique, l’endroit où, au VIième siècle av JC, est né la démocratie, où les citoyens pouvaient exercer leurs droits à la Boulè et à l’ecclesia. Néanmoins, il est bon de rappeler que la citoyenneté grecque était interdite aux femmes, esclaves et étrangers, donc un début de démocratie seulement.

 

A part les endroits mythiques décrits plus hauts, quelques quartiers sont très sympas à visiter, notamment Plaka, plein de charme, fait de petites ruelles où on peut se perdre facilement, de restos, de terrasses à l’ombre des oliviers, mais aussi des souks à touristes, où l’on trouve des sacs Hermès (le dieu des commerçants et des.. voleurs) à 10 euros, endroits que j’apprécie un peu moins. A chaque coins de rue baignés par le soleil, on peut apercevoir au loin l’Acropole, et au premier plans les petits vieux qui font une partie de Backgammon. Sympa.

Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 16:26
- Publié dans : Grèce 2010
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